Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 22:50

 

C'était en mai 2010, en Région parisienne, à l'occasion d'une manifestation commémorant la Nakba*. 

Au programme du jour : une rencontre-débat avec un célèbre diplomate français, ancien résistant et co-auteur de la déclaration universelle des droits de l'homme ; suivie d'un instant "concert" proposé par une bande de saltimbanques de fortune roubaisiens.

Le célèbre diplomate, vous l'aurez deviné, n'était autre que Stéphane Hessel. Alors bien sûr, aujourd'hui, c'est facile, tout le connaît le lascar. Mais cette rencontre, c'était juste avant le phénoménal succès de son pamphlet "indignez-vous !". Et donc, dans l'immense salle des fêtes, nous n'étions pas plus de 50.

Les organisateurs semblaient si fers de l'avoir comme invité d'honneur. Je me revois encore demandant à mes amis : "c'est qui ?". Et oui ! oserais-je l'avouer, je ne savais pas qui il était. Je n'étais pas le seul d'ailleurs. Mais, Smartphone aidant, nous avons pu, très vite, lire la biographie complète de ce Monsieur : Impressionnant !!!

Et voilà qu'il apparaît dans la salle avec son petit "air de rien", presque guilleret. Avec Saïd ( Alias Toufik ), et quelques autres "néo-fans", on s'empresse d'aller faire la photo avec la star du jour. 

Dans la petite vidéo ci-dessous, filmée justement par Saïd, vous pourrez voir que je me la raconte un peu, genre : "Mais c'est Stéphane Hessel, voyons !!! qui ne connaît pas Stéphane Hessel !!?".

Et, on peut voir aussi que, ô scandale, Stéphane Hessel n'avait pas le CD d'HK et les saltimbanks ;-)
 

 

 

Plus sérieusement, je me souviens que ce jour-là, il s'était présenté à nous comme étant un "vieux monsieur". Je me suis rappelé alors qu'en arabe le vieux monsieur se disait "Kébir", ce qui signifie aussi " le grand monsieur".

Avec le grand monsieur, nous nous recroisés deux fois, en marge d'autres événements militants : En 2010 toujours, en soutien au tribunal Russel pour la palestine, au cabaret sauvage ; Puis en février 2011 à Evreux, lors d' une journée autour de l'esprit de résistance, organisée par une amie enseignante.

En février 2011, justement, on venait de sortir notre album "citoyen du monde" ( partisan d'un monde sans frontières...). Certaines critiques nous reprochaient à l'époque notre côté "peace & love", "naïf", "manichéen", "facile", etc... Alors quand, ce jour-là, j'ai vu sur une table le livre de Stpéhane Hessel intitulé "Citoyen sans frontières", et que j'ai pu en parcourir quelques pages, toutes ces critiques m'ont paru soudain tellement dérisoires. Ce qu'on disait, à notre façon, à notre modeste niveau, et en musique, était comme "validé" par la pensée d'un grand résistant !!!

En mai 2011, Farah C, journaliste à l'Humanité, me proposait de rencontrer Stéphane Hessel une quatrième fois. C'était en marge d'un concert de soutien au journal fondé par Jaurès. Les organisateurs voulaient rendre hommage au "grand monsieur". Il devait venir lire "en live" un extrait de son pamphlet "Indignez-vous" ; et, on m'avait demandé si je pouvais, suite à sa lecture, mettre en musique une partie de son texte. Je devais être accompagné, sur scène, par Manuel Paris, guitariste d'HK et les saltimbanks, ainsi que par le saxophoniste Rodolphe Lauretta et ses musiciens. 

Le projet était beau, et j'étais honoré qu'on fasse appel à moi. Un tel hommage à un tel monsieur, ce n'est pas rien !

Dans un premier temps, je n'ai pas réussi à mettre en musique le texte "indignez-vous". Il n'était malheureusement pas du tout adapté au format "chanson" ou "slam". Alors, je me suis dit que "hommage pour hommage", j'allais essayer d'écrire un texte, fidèle à l'original, reprenant peut-être quelques mots forts, mais un texte, englobant plus largement l'oeuvre, l'histoire et le discours de Stéphane Hessel. 

J'avais peut-être été inconscient ou prétentieux, en tout cas, c'est vrai, je m'attaquais à une montagne. Et, j'ai bien des fois failli faire demi-tour. J'avoue avoir passé quelques nuits blanches devant quelques pages blanches. Je me suis un peu la pression pour écrire ce texte en me disant "qu'en pensera-t-il ?", "est-ce qu'il s'y reconnaîtra vraiment ?", "tout est-il bien fidèle ?", "ai-je le droit d'écrire ça ?"... 

Finalement, je crois y être arrivé. J'ai fini un texte qui me plaît, et qui j'espère lui plaira. Avec mes amis, nous avons composé la chanson, que nous avons pu chanter lors de ce concert de soutien. Malheureusement, les organisateurs n'avaient pas pu prendre contact avec Stéphane Hessel. Il n'était pas là.

Mais, la chanson existe, et nul doute qu'on aura bientôt l'occasion de la chanter sur scène. Et, peut-être même que le grand monsieur pourra alors l'entendre.

D'ici-là, voilà, ci-dessous, le texte en question : 


"Indignez-vous !"

 

 

 

Je me suis levé un matin

Sombre jour de l'existence

J'ai levé la voix et le poing

Quand la règle était le silence

 

J'en ai vu monter dans des trains

Partir dans un brouillard immense

Je ne pouvais être ni complice, ni témoin

Je suis entré en résistance

 

Une voie pavée d'espérance

Peuplée de femmes et d' hommes debout

Un choix, comme une évidence

Entre potence et corde au cou

 

Je suis revenu de si loin

Je rends grâce à mon étoile

La mort m'a oublié en chemin

A dora et a Buchenwald

 

93 ans je peux croire

Que ma fin n'est plus très loin

93 ans voici ma mémoire

Prenez en le plus grand soin

 

L'indignation obstinément

Dans un monde au garde à vous

Soyez de ceux qui marchent contre le vent

Mes amis, indignez-vous !

 

 

Indignez-vous !”

C'est un vieux monsieur qui vous parle

Brandissant son étoile

 

 

Pensez-vous donc qu'aujourd'hui

Les motifs de soulèvement nous manquent

Quand nos propres vies sont à crédit

Sous la dictature des banques

 

L'argent commande aux actionnaires

Eux-mêmes commandent aux présidents

Qui ordonnent aux gens ordinaires

D'exécuter bien gentiment

 

« Toute cette nourriture invendue

Jetez-la donc à la poubelle

Et au-dessus du tas d'ordure

Versez-moi dix litres d'eau de Javel »

 

Voilà le monde qui est le nôtre

Absurde, cruel, et sans pitié

Jusqu'à ce que frappe à notre porte

Ce maudit seuil de pauvreté

 

Les droits de l'homme mis en jachère

Vendus, en portions individuelles

Quand la crise alimentaire

S'éternise devant l'Eternel

 

Mais miracle quand des milliards

Sont trouvés dans la seconde

Pour sauver Maître dollar

Et tous les banquiers de ce monde

 

 

"Indignez-vous !”

C'est un vieux monsieur qui vous parle

Brandissant son étoile

 

 

Nos chaînes sont certes moins visibles

Qu'aux sombres temps de l'esclavage

Mais nos esprits sont pris pour cibles

Qu'ont-ils fait de notre héritage

 

Compétition à outrance

Amnésie généralisée

Produits de consommation de masse

Pour une jeunesse anesthésiée

 

Il est grand temps, mes amis

De rallumer enfin les étoiles

Qui ont guidé toute sa vie

Ce vieux monsieur qui vous parle

 

J'ai été cet arménien

Je suis toujours ce juif allemand

Je suis le peuple palestinien

La justice est mon seul camps

 

Soyez, citoyens sans frontières

De ces peuples qui se soulèvent

Contaminez la terre entière

De vos révoltes et de vos rêves

 

Indignez-vous, c'est votre droit

Et en mémoire de tous ceux-là

Qui meurent chaque jour de ne pas l'avoir

Ce droit est de fait un devoir

 

 

”Indignez-vous !”

C'est un vieux monsieur qui vous parle

Brandissant son étoile

 

 

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* La Nakba ( également orthographiée Naqba ) est issue du terme arabe signifiant "la catastrophe", et c'est par ce terme que les palestiniens font référence à l'exode de 1948 où environ 700 000 Arabes palestiniens quittèrent ou furent expulsés de leurs villes et villages et se virent refuser tout droit au retour sur leurs terres tant pendant qu'après le conflit.


 

 


Par HK
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Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 14:30

 

La semaine du 16 au 20 mai 2011, j'étais l'invité de la semaine du journal l'Humanité. L'occasion pour moi de commenter l'actu au jour le jour dans le journal de Jaurès. voici donc les 5 textes en question :

 

Vendredi 20 mai : Mon rêve pour 2012

 

C'était en 2005, à l'occasion du referendum sur le traité européen. Ils étaient tous là, côte à côte, coudes collés. Ils étaient la « Gauche du non ». Mais, tout le monde avait compris qu' ils n'étaient pas que contre ; ils incarnaient une autre voie, celle d'un autre monde possible.

En 2007, j'ai rêvé comme beauoup d'une candidature unitaire de cette gauche, en communion avec le mouvement social, associatif, avec ces millions de citoyens utopistes. J'aurais tant aimé que nos leaders de l'époque s'unissent à nouveau pour transformer l'essai de 2005. La suite malheureuse , vous la connaissez.

Aujourd'hui, on ne peut que constater l'étendue des dégâts occasionnés par cinq années de sarkosysme : précarité, division, xénophobie, retour des privilèges...

La situation est assez grave pour pour invoquer l'union sacrée, et remettre le couvert de 2005. Nous devons, cette fois, être ensemble au rendez-vous de l'Histoire.

Je sais que les obstacles à cette démarche sont nombreux. Le premier d'entre eux: la nature même de l'élection présidentielle, centrée autour d'une personne, issue, dit-on, forcément d'un parti. Je comprends bien la difficulté pour tel ou tel parti de se ranger derrière une personnalité issue d'une autre organisation.

Alors, pourquoi ne ferions nous pas de cette élection un referendum pour ou contre une nouvelle République? Une république ne laissant aucune place aux intérêts privés; redonnant au mot démocratie tout son sens; ; contre toute personnalisation à outrance du pouvoir; visant non pas l'enrichissement individuel, mais la quête d'un équilibre entre riches et pauvres...

Dans ce cas, le nom à mettre sur le bulletin de vote ne serait plus un problème. Notre gauche est peuplée de personnalités respectables, dont une pourrait facilement être acceptée par tous. Messieurs dames, dirigeants politiques, le peuple de gauche ne rêve que d'une chose : partir à la bataille, unis et solidaires. A vous de jouer !

 

 

 

 

 

Jeudi 19 mai : Stars du macadams

 

Je suis né à Roubaix. Cette ville, « la plus pauvre de France », porte en elle une richesse inestimable : l'histoire collective et individuelle de ses habitants qu'ils soient Français de toutes origines, qu'ils soient portugais, algériens, sénégalais, italiens, turcs, indonésiens.

Mon quartier, c'est le monde. Mon quartier est la preuve vivante que l'histoire des hommes, c'est l'histoire de la migration des peuples.

Nos quartiers regorgent de talents. Je sais que nombre d’entre eux n’ont pas conscience de ce qu’ils ont entre les mains, qu'ils pensent être des « incapables ». Je me souviens de cette phrase du rappeur Akhenaton ( du groupe IAM) à propos de la jeunesse des quartiers : « on nous a fait croire qu’on était des merdes, et à force on l’a cru : le stéréotype a pris le dessus ».

Il y a chez nous, tellement de jeunes géniaux qui, faute de confiance en eux, finiront peut-être dans une cave. Des « stars du macadam », des stars qui s’ignorent ou qu’on ignore ; des étoiles qui peut-être voleront en poussière, mais des étoiles, quoi qu’on en dise.

Notre histoire commune devrait aussi être celle de l'égalité. Mais, l'égalité a fui nos quartiers, il y a bien longtemps.

La discrimination est un acte criminel. Nous devons la considérer comme telle. Car elle détruit nos quartiers et brise les destins de ceux qui y vivent; en même temps qu'elle anéantit tout projet commun de société. Comment voulez-vous parler légitimement de « devoir » à quelqu'un que l'on prive du droit à l'égalité ?

J'ai entendu un jour quelqu'un parler de tolérance zéro à l'encontre de jeunes délinquants. J'aimerais qu'on puisse surtout appliquer ce concept à tous ceux qui pratiquent la discrimination : qu'ils soient chefs d'entreprise, bailleurs de logement, banquiers ou dirigeants politiques.

A leur encontre, je serais radical. Car, comme disait l'autre, la discrimination est un poison, à la base même de notre société, la cause de bien des maux.

 

 

 

 

Mercredi 18 mai : La révolution de l'Olivier

 

« La révolution arabe frappe aux portes d'Israël. », voilà ce qu'on pouvait lire lundi dans le journal « Haaretz ». L'éditorialiste, tout comme la société israélienne, en semblait presque étonné. Pensaient-ils donc que les palestiniens resteraient aux portes de la révolte quand les mots liberté, justice, et démocratie fleurissent dans toute la région ? Il était écrit que le printemps arabe passerait par la Palestine, il ne pouvait pas en être autrement. Restait juste à savoir quand et comment. Finalement, ce fut cette marche simultanée de réfugiés palestiniens aux frontières syriennes, libanaises, et de Gaza, le jour anniversaire de la Nakba.

Ce jour-là, par la répression sanglante dont ils ont fait preuve, une fois de plus, les dirigeants israeliens ont montré à ceux qui en doutaient encore, qu'ils ne valaient pas mieux que tous ces dictateurs arabes déchus ou en voie de l'être. Et, qu'ils méritaient sans aucun doute le même sort.

Depuis des années, Israel rime avec impunité. Sûr de sa force et du poids de ses alliances, son Etat-Major affirme n'avoir de compte à rendre à personne, il dit pouvoir agir comme bon lui semble sur « son territoire », et, pour lui, la Palestine fait partie de son territoire.

Israel bafoue le droit international, il humilie l'ONU et ses alliés de toujours. Il est temps que cela cesse. Comment peut-on intervenir militairement contre Khadafi, prendre des sanctions contre le régime syrien, et laisser encore et toujours Israel agir à sa guise ?

En janvier, les tunisiens scandaient « la mort vaut mieux que Ben Ali ». Aujourd'hui les palestiniens nous redisent avec force que la mort vaut mieux que l'occupation. Et, demain, des deux côtés du murs, ils seront encore plus nombreux à se soulever. Avec, je l'espère, l'appui de citoyens israéliens anti-colonialistes : Liberté, droit et justice, sont l'affaire de tous ceux qui s'y reconnaissent. Et le printemps arabe n'est rien d'autre que le printemps de la liberté.

 

 

 

Lundi 16 mai 2011 : DSK et la femme de chambre

 

 

Il était le plus grand, le plus fort. Il caracolait en tête des sondages, à la manière du petit cheval blanc : tous derrière et lui devant. Son nom tenait en trois lettres, comme cet ancien grand président. Mais, ironie de l'histoire, c'est à l'Aéroport JFK que le rêve américain de DSK semble avoir pris fin. « De quoi s'agit-il ? » : c'est en ces termes que DSK s'est adressé aux poiciers venus l'arrêter. Eh bien Dominique, il semblerait qu'une femme de chambre vient de t'accuser detentative de viol : Tu lui aurais couru après, tout nu, dans cette chambre d'hôtel que tu aurais pris soin de fermer à clé.

Question tordue : pourrait-il s'agir d'un simple malentendu ? DSK aurait-il pu confondre cette employée avec l'escort girl qu'il avait commandé ? Avec un bon avocat, ça peut passer.

Excusez moi d'en rire, c'est vrai que, pour le coup, l'accusation est grave. Peut-être un peu trop grave pour le parano que je suis. Je n'aime pas DSK le bling-bling; je n'aime pas ce qu'il représente en tant que boss du FMI, en tant que socialiste « capitalismo-compatible »; mais je ne le crois pas assez bête pour faire une telle connerie. Peut-être que je surestime l'homme ou peut-être que je sous-estime sa pathologie sexuelle. Parce que, oui, tout le monde le sait, DSK est un chaud lapin.

D'ailleurs, que nous aurait dit La Fontaine si il était encore des nôtres ? Aurait-il ré-écrit pour l'occasion sa célèbre fable du lièvre et de la tortue : « Rien ne sert de courir les filles, il faut partir à point »? Mais, dans ce cas, qui serait la tortue ? Et, qui aurait pu tendre un tel piège à DSK ?

Anne Sinclair pour se venger de tant d'humiliations ? Un ouvrier grec pour les même raisons ? Sarkosy, aidé par la DST ? François Hollande ou Martine Audry à qui pourrait profiter le crime ? Marine Lepen, parce qu'elle a une belle tête de coupable ?

Quoi qu'il en soit : Polar, Thriller, Vaudeville, ou drame Shakespearien, le film est loin d'être fini.

 

 

 

Mardi 17 mai : Noyez le poisson

 

On vit une époque formidable : le savoir du monde au bout d'un clic ; l'évolution de notre planète « en live & direct », à portée de zapette. On sait tout, et paradoxalement, on ne sait rien. Perdu dans ce trop plein d'information, le citoyen averti a laissé place au zappeur fou.

Souvenez-vous de ce gigantesque Tsunami à Fukushima, il y a deux mois déjà, un siècle, une éternité... Et depuis, il s'en est passé des choses. Il y a eu, par exemple, cette guerre éclair en Libye, d'après un scénario origénial de Bernard Henry Sarkolevy. Je dis éclair, parce que comme cette guerre ne fait plus les gros titres, je devine qu'elle est terminée. Ou alors peut-être qu'une guerre qui s'enlise, ça n'est pas assez vendeur.

Je suis allé poser la question au directeur de l'information d'une grande chaine de télé. Voilà ce qu'il m'a répondu : « L'info, c'est comme un bon film d'action. Le bon film doit pas durer plus d'une heure trente; Eh bien la bonne guerre, elle doit pas durer plus de six jours, sinon, le télespectateur il s'emmerde, et il zappe. Ou alors, il nous faut des rebondissements, des images inédites, du sang, du sexe aussi si possible. Par exemple, si on trouvait des images de Khadafi faisant sauvagement l'amour à une de ses amazones, d'un coup, ça referait la une. »

J'ai compris : au diable les les catastrophes nucléaires, au diable les guerres mondiales, les révolutions, l'execution de Ben Laden... Il y a des choses bien plus importantes, un mariage princier par exemple. Et les téléspectateurs ne s'y sont pas trompés : ils ont été 2 milliards à suivre cet événement historique !

Et, ce qui compte aujourd'hui, c'est l'audimat. Ceux qui paient, ce sont les annonceurs, pour une poignée « temps de cerveau disponible ».

Nous voilà donc Hypnotisés devant notre petit écran, victimes consentantes d'un système qui nous relègue au rang de « consommateurs ». On ne se révolte pas, on ne se soulève pas, on s'allonge... sur notre canap'

 

Par HK
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Vendredi 15 avril 2011 5 15 /04 /Avr /2011 22:36

 

J'ai toujours été fan de Lilian Thuram, ce célèbre défenseur de l'équipe de France championne du monde en 1998. Ce latéral droit aux folles enjambées sur le terrain. Celui qui n'a marqué que deux buts dans sa carrières, tous les deux, en demi-finale de la coupe du monde le 8 juillet 1998 ! 

Tout le monde se souvient, de la pose qu'il avait pris sur le terrain après son second but : Genoux à terre, buste droit, regard au loin, l'index et le pouce droit posés sur son menton... façon James Bond, ou peut-être plutôt Malcolm X. Parce que oui, en dehors du terrain, armé de ses lunettes d'intello et portant fièrement sa culture, son histoire et sa couleur,  il ressemblait à un de ces enfants retrouvés de Malcolm.

J'ai toujours aimé le joueur, et le bonhomme, sur le terrain, comme en dehors : combattant, intègre, droit, et juste. Ceux qui me connaissent un peu savent bien que je n'ai jamais vraiment goûté l'histoire des chants patriotiques chantés à pleins poumons. Et, pour le coup, le Lillian, il y allait franco sur la marseillaise avant chaque rencontre. Et pourtant, même là, je le kiffais.

Il chantait tellement faux ! tellement fort ! c'était un massacre !!! Il s'époummonnait, il donnait de sa personne, et, je l'avoue, c'était à chaque fois un pur moment de bonheur et de fou-rire pour le téléspectateur assidu que j'étais. Et je n'étais certainement pas le seul. D'ailleurs, je ne voudrais pas créer de discordes entre anciens camarades de jeu, mais si vous pouvez revisionner les images à l'occasion, vous verrez bien des fois, au moment des hymnes, certains de ses collègues s'empêchant de rire ou faisant mine de se boucher les oreilles.

Bref, quand j'ai appris hier que Thuram était en Palestine, près de Ramallah, pour inaugurer le stade international de EL-Bireh. J'ai, une fois de plus, été fier de lui, et, en même temps, je n'ai pas été surpris. Toujours fidèle à lui-même : combattant, intègre, droit, et juste.

Alors, certains diront : "ce n'est que du football". oui, certes, mais le Football, comme la musique, sont autant de signes de vie. Et, d'ailleurs, hier, devant ma télé, en voyant les images de thuram à El-Bireh, je suis retombé quatre ans en arrière.

En ce mois de juin 2007, avec mes camarades saltimbanks du Ministère des Affaires Populaires, nous étions en Palestine, pour un concert au Pied du Mur, dans le camps de réfugiés d'Aïda. Ce jour là, nous avions été accueillis, une sacrée équipes de minots qui devaient avoir entre dix et quatorze ans, des étoiles dans les yeux, et un ballon dans les mains de leur capitaine.

 Aujourd’hui encore, je me souviens de leur visage, je me souviens même de leurs noms : Zidane, Ronaldinho, Kaka… Ils se disputaient sur ce qui semblait être le centre absolu de leurs pré-occupations quotidiennes : « qui du Milan AC, du Real de Madrid ou de Barcelone est la meilleur équipe ? ».

Et comme nous étions là, ils en profitaient pour essayer de trouver des alliés de circonstance, des arbitres. J’avoue qu’à l ‘époque, de ces trois clubs, le real Madrid avait ma préférence. Mais, sur le coup, je n’ai pas osé me fâcher avec un bon tiers des gamins du camps. A ce moment j’ai fait preuve d’une grande lâcheté, je l’avoue ! J’apprenais à ma façon la diplomatie géo-politique ;-)

J’ai même essayé de jouer au petit soldat de l’onu en leur disant que c’étaient les trois meilleures équipes au monde… A égalité ! Mais rien n’y faisait, je devais choisir. Alors, prenant mon courage à deux mains, j’ai fini par leur dire la vérité en face, les yeux dans les yeux ! « D’après moi, la meilleure équipe au monde, c'est évidemment… L’Olympique de Marseille ! L'équipe des années 90, biensûr !!!  ». Pour le coup, là je m’étais fâché avec tous. Premier grand échec diplomatique de ma toute jeune carrière. Je les revois encore, incrédules, déçus, et dépités. J'avais beau leur parler enthousiaste, de Waddle, Papin, Cantona, Carlos Mozer, Abedi Pelé... Je sentais bien que quelque chose venait de se casser entre nous.

Et, très vite, ils m'ont laissé seul, abandonné à ma douce nostalgie marseillaise et s’en sont allés chercher un autre avis, moins farfelu, auprès d’un de mes amis saltimbanques.

Nous avons fini par regler ce léger differend autour... d'un match de foot, évidemment. Et, en guise de troisième mi-temps, nous avons fêté la victoire de l'équipe locale par un concert familial sous le soleil.

Juste après ces moments de bonheur partagé, après les photos, signatures, échanges de sourires et de remerciements ; juste avant notre départ, un des minots vient vers moi, et, me montre le mur de son index, ce mur que j'avais déjà oublié. Puis il me dit :  « you… you break the wall !? ».

Comme un coup sur la nuque, comme un retour brutal à la triste réalité. Nous n'étions pas à Madrid, Marseille, Barcelone, ou Milan… Nous étions à Aïda, dans un camps de réfugié, dans une prison à ciel ouvert. Ce jour là, c'est vrai, j'ai eu honte de repartir chez moi, dehors, et de les laisser chez eux, dedans.  

Aujourd'hui, quatre ans après, je me dis, peut-être naïvement, que parmi ces footballeurs qui bientôt porteront le maillot de "la Palestine" en compétition internationale, il y aura au moins un de ces minots. 

Et qui sait, peut-être que ce gosse qui me demandait de casser le mur, fera partie de ces onze ambassadeurs ( sans compter les remplaçants ;-) qui casseront ce mur eux-même, de leurs propres pieds, à chaque rencontre, à chaque voyage, à chaque but. Et, de même, quand des équipes du monde entier viendront jouer dans ce nouveau stade, ce sera, chaque fois, d'une certaine manière, un morceau du mur qui s'effondrera.

Alors oui, je vous le concède, on est là que dans le symbôle. Mais le symbôle fait partie du combat politique. Il n'en est qu'une partie, une petite partie, mais une partie bien visible. Et, il peut même, bien souvent, être un levier considérable. 

Alors, je dis juste : Bravo Monsieur Thuram pour avoir mis votre "aura" au service de ce symbôle, et d'avoir fait votre part, dans ce combat pour la justice et le droit du peuple palestinien à exister, à vivre libre, à voyager, à inviter le monde, à jouer au foot par exemple...

Lillian, tu viens de marquer le troisième but de ta carrière, et quel but !!! d'une frappe surpuissante, tu as transpercé le mur. Le ballon, comme un souffle de liberté, est passé au-dessus du gardien du poste de contrôle militaire, pour finalement se loger en pleine lucarne. Tu peux la refaire une nouvelle fois ta pose à la Malcolm, mais, cette fois steuplé, fais la nous avec un V à la mode Palestinienne. 

 

 

 

 

 

 

Par HK
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Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 10:26

 

L'expression est de Noël Mamère, si je ne m'abuse, vantant les "qualités" de commercial du président de la République française.

À l'heure de l'affreuse tragédie nucléaire de Fukushima, cette formule m'interpelle forcément. Je la trouve tellement vraie, affreusement vraie. Le Président lui même se vantait, à cette époque, d'être le meilleur des VRP, décrochant les contrats comme on vend des petits pains. Ses deux spécialités, il est vrai, étant la vente de centrales nucléaires, et la vente de mirage.

D'ailleurs, il a bien essayé de vendre les deux à son « ami » Khadafi, dans une sorte de package militar-nucléaire. Khadafi, qu'il reconnaît aujourd'hui comme étant un « dictateur fou ». Mais, entre nous, il faut être complétement taré pour vouloir vendre une centrale nucléaire et des armes à un fou !!!

Mais tout ça, c'est du passé. Notre président a survécu à sa Khadafite aigue. Guerrison miraculeuse, après l'apparition de saint BHL en personne qui lui aurait ordonné de bombarder son "ex-ami" avec les mirages qu'il ne lui a pas vendu. Vengeance !!!

Khadafi, qui, pour se venger de la vengeance, dit avoir financer la campagne présidentielle du candidat Sarkosy. Et lui demande remboursement. Mensonge ??? Mais, si c'était vrai, pensez-vous que Sarkosy devrait rembourser Khadafi en cash ou en centrales nucléaires ? 

PLus sérieusement, où est la logique dans tout ça ? Celle d'un VRP d'Areva, en effet, sans scrupules; et sûr de son fait. Son boulot, c'est de vendre du nucléaire, alors il vend du nucléaire. Il est numéro 1, il doit le rester, il y a des parts de marchés à prendre, des clients à fournir, des thunes à s'faire, Bamos !!! Toute autre considération serait malvenue.

La République, par définition, c'est le bien commun, et non pas les intérêts privés. La démocratie, c'est « le pouvoir au peuple ». Mais j'ai parfois cette étrange impression que nous sommes gouvernés par une bande de savants fous, d'apprentis sorciers et... de commerciaux à la solde d'intérêts économiques privés.

Dans « on lâche rien », nous écrivions que « la République se prostitue sur le trottoir des dictateurs »;  On se rend compte surtout qu'elle travaille pour le compte de grands lobbys industriels comme autant de « proxenètes », qui lui commandent de ramener encore et toujours plus d'argent.

Tout le monde à le droit de faire de l'argent, là n'est pas le problème. Le problème, c'est quand l'argent à pris le pouvoir sur tout : sur nos principes humains, sur notre patrimoine écologique, sur notre équilibre social, géopolitique, et planétaire, sur nos libertés et sur nos choix...

Avant-hier, on nous disait qu'un accident comme Tchernobyl ne pourrait plus se produire aujourd'hui. Hier, on nous disait qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter sur ce qui se passait à Fukushima. Aujourd'hui, on nous dit que ce qui se passe là-bas ne pourrait jamais arriver en France. Demain, on nous dira que si c'est arrivé en France, c'est de la faute à Malchance. Et après demain, nous aurons tous, définitivement et joyeusement, « Niqué la planète ».

Ne pensez-vous pas qu'au regard de ce qui se passe aujourd'hui au Japon, on pourrait au moins débattre publiquement de la pertinence du choix « nucléaire », avec un vote à la clé ?

N'est-ce pas là, un enjeu majeur pour une société que de pouvoir faire ses propres choix énergétiques et ne pas se les voir dicter ? Si un tel réferendum avait lieu, peut-être qu'en fin de compte, les français valideraient majoritairement l'option « nucléaire », mais au moins ils l'auront décidé par eux-même, pour l'idée qu'ils se font du bien commun, et non pas par décret du VRP d'Areva.

Mais oui, il se peut aussi qu'ils en décident autrement. Et, de même, d'autres pays pourraient très bientôt tourner la page du nucléaire. Alors, dans ce cas, nous participerions peut-être à la fin d'un monde, et aux prémices d'une nouvelle grande aventure humaine : la quête de "l'équilibre". 

Par HK
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Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 15:10

 

 

Alors qu'un tout récent sondage placerait Jean Marine Le Pen en tête des intentions de vote du premier tour de la prochaine élection présidentielle, je ne peux m'empêcher de penser qu'il n'y a pas de fumée sans feu, et, en l'occurence, pas de feu sans pyromane. En effet, Jean-Marine en est arrivé là, en suivant les petit cailloux semés par notre petit poucet national.

Cette route qu'ils empruntent tous deux main dans la main; cette voie qu'ils voudraient tous nous faire suivre, est un chemin  vieux comme le monde, tracé par d'illustres ancêtres templiers :   

Chemin faisant, les voilà donc tous deux, guillerets, presque amoureux, chantant en choeur cette hymne de Michel Sardou : "Que soit béni le temps des colonies". Petit poucet se risque même à remix de circonstance : "que soit béni le bon vieux temps des croisades". Ah les guerres de religions, ça c'était des vraies guerres !!! 

En plus, tout était tellement plus simple à cette époque : en Europe, il y avait les gentils chrétiens et, là-bas, en musulmanie sauvage, il y avait les méchants sarrazins. Tout allait bien.

Jean Marine et petit poucet, malheureusement pour eux, ne vont pas pouvoir tout de suite déclarer une grande guerre de religion... Alors, pour éviter toute frustration, ils ont inventé le concept "d'élection de religion". La guerre se fera donc dans les urnes.

Et oui, parce que, le problème aujourd'hui, c'est que les méchants ne sont plus seulement là-bas, mais aussi ici chez les gentils ; et que les gentils, ils sont aussi un peu là-bas chez les méchants. Par contre, pour être tout à fait précis, il faut savoir que là-bas, il y a aussi des gentils sarrazins, si si, des sarrazins chrétiens. Et, horreur, malheur, quand ils prient, ça leur arrive de dire « allah wakbar » et des fois aussi, « inchallah » ; ils ont des Jellabas, et même des barbes. Question : peut-on dire alors que ce sont des vrais gentils ?

Ce que je veux en viendre par là ; c'est que les gentils méchants de là-bas, ils prient le même Dieu que les gentils de ici et même que les méchants de là-bas. Est-ce que vous avez bien suivi ou je répète ? ( relisez ça ira plus vite ). Donc, en vérité, tout le monde il est gentil... sauf les méchants évidemment.

Pour approfondir la question, le Petit Poucet nous a dit qu' il fallait un grand débat national sur la laïcité.

  • C'est quoi la laïcité ?

  • La laïcité, c'est quand les gentils acceptent de vivre en paix avec les méchants à condition que les méchants acceptent de devenir un peu plus gentil ou au moins de pas montrer qu'ils sont méchants. Et que les méchants acceptent de vivre en paix avec les gentil à condition qu'ils essaient pas de les rendre méchants. Ce qui est quand même la moindre des choses dans un pays de gentils.

  • Mais je comprends plus... On est dans un pays de gentils ou dans un pays laïc ?

  • En fait, on est dans un pays gentiment laïc. Parce que la Laïcité, on a beau dire, c'est quand même un truc de gentil. T'as déjà vu toi, un méchant accepter des gentils chez lui ???

  • Bah ouais, les gentils méchants de tout à l'heure, ça fait des siècles qu'ils vivent là-bas.

  • Ouais mais, en vrai, entre nous, ils ressemblent trop à des méchants pour être gentils

  • Ah ouais, c'est vrai.

Finalement, le problème avec la laïcité, c'est quand les méchants veulent pas cacher leur méchanceté. Ou quand, au contraire, les femmes des méchants la cachent trop leur méchanceté. Et puis, au fond, la laïcité c'est pas fait pour les méchants, parce que quand bien même, un méchant qui cache qu'il est méchant, c'est pas net. C'est soupçonneux. Moi, ça m'rassure pas d'savoir que mon voisin méchant me cache des choses. Quand il me sourit, j'aime pas ça. Il voudrait peut-être me faire croire qu'il est gentil, mais c'est écrit sur sa tête qu'il est méchant. Conclusion, les méchants sont fourbes et cruels. Par définition, on peut pas leur faire confiance. Donc; il faut oublier la laïcité et en revenir à nos racines chrétiennes, dixit le Petit Poucet. Voilà qui réglera tous nos problèmes.

Eh bien nan, parce que les méchants ils nous disent que eux aussi, ils ont des racines chrétiennes et même juives !!! et d'ailleures, au fait, les juifs, ils sont gentils ou méchants ? Certains portent une barbe, ce qui tendrait à les rendre méchants. Certains d'entre eux disent « inchallah », ce qui corobore. Ils ne mangent pas de porc, ils se coupent le Zizi, leurs femmes portent même parfois un foulard... il n'y a donc aucun doute possible, ce sont des gentils.

Le mot de la fin reviendra donc naturellement au petit poucet pour une dernière allocution présidentielle avant le passage de témoin consentant : "Croisade cherche croisés !!! Si vous croisez des gens qui croivent n'être ni méchants, ni gentils, disez leur bien qu'ils doivent choisir leur camps., le nôtre bien sûr. Tout ceux qui ne seront pas avec nous, seront contre nous. Avis à tous les suisses, athées, agnostiques ou belges : Rejoignez notre armée, devenez un gentil soldat face aux méchants Islamistes arabo-barbaro-barbus-romano noirs."

 

Par HK, Toufik et LH

 

Par HK
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