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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 14:30

 

La semaine du 16 au 20 mai 2011, j'étais l'invité de la semaine du journal l'Humanité. L'occasion pour moi de commenter l'actu au jour le jour dans le journal de Jaurès. voici donc les 5 textes en question :

 

Vendredi 20 mai : Mon rêve pour 2012

 

C'était en 2005, à l'occasion du referendum sur le traité européen. Ils étaient tous là, côte à côte, coudes collés. Ils étaient la « Gauche du non ». Mais, tout le monde avait compris qu' ils n'étaient pas que contre ; ils incarnaient une autre voie, celle d'un autre monde possible.

En 2007, j'ai rêvé comme beauoup d'une candidature unitaire de cette gauche, en communion avec le mouvement social, associatif, avec ces millions de citoyens utopistes. J'aurais tant aimé que nos leaders de l'époque s'unissent à nouveau pour transformer l'essai de 2005. La suite malheureuse , vous la connaissez.

Aujourd'hui, on ne peut que constater l'étendue des dégâts occasionnés par cinq années de sarkosysme : précarité, division, xénophobie, retour des privilèges...

La situation est assez grave pour pour invoquer l'union sacrée, et remettre le couvert de 2005. Nous devons, cette fois, être ensemble au rendez-vous de l'Histoire.

Je sais que les obstacles à cette démarche sont nombreux. Le premier d'entre eux: la nature même de l'élection présidentielle, centrée autour d'une personne, issue, dit-on, forcément d'un parti. Je comprends bien la difficulté pour tel ou tel parti de se ranger derrière une personnalité issue d'une autre organisation.

Alors, pourquoi ne ferions nous pas de cette élection un referendum pour ou contre une nouvelle République? Une république ne laissant aucune place aux intérêts privés; redonnant au mot démocratie tout son sens; ; contre toute personnalisation à outrance du pouvoir; visant non pas l'enrichissement individuel, mais la quête d'un équilibre entre riches et pauvres...

Dans ce cas, le nom à mettre sur le bulletin de vote ne serait plus un problème. Notre gauche est peuplée de personnalités respectables, dont une pourrait facilement être acceptée par tous. Messieurs dames, dirigeants politiques, le peuple de gauche ne rêve que d'une chose : partir à la bataille, unis et solidaires. A vous de jouer !

 

 

 

 

 

Jeudi 19 mai : Stars du macadams

 

Je suis né à Roubaix. Cette ville, « la plus pauvre de France », porte en elle une richesse inestimable : l'histoire collective et individuelle de ses habitants qu'ils soient Français de toutes origines, qu'ils soient portugais, algériens, sénégalais, italiens, turcs, indonésiens.

Mon quartier, c'est le monde. Mon quartier est la preuve vivante que l'histoire des hommes, c'est l'histoire de la migration des peuples.

Nos quartiers regorgent de talents. Je sais que nombre d’entre eux n’ont pas conscience de ce qu’ils ont entre les mains, qu'ils pensent être des « incapables ». Je me souviens de cette phrase du rappeur Akhenaton ( du groupe IAM) à propos de la jeunesse des quartiers : « on nous a fait croire qu’on était des merdes, et à force on l’a cru : le stéréotype a pris le dessus ».

Il y a chez nous, tellement de jeunes géniaux qui, faute de confiance en eux, finiront peut-être dans une cave. Des « stars du macadam », des stars qui s’ignorent ou qu’on ignore ; des étoiles qui peut-être voleront en poussière, mais des étoiles, quoi qu’on en dise.

Notre histoire commune devrait aussi être celle de l'égalité. Mais, l'égalité a fui nos quartiers, il y a bien longtemps.

La discrimination est un acte criminel. Nous devons la considérer comme telle. Car elle détruit nos quartiers et brise les destins de ceux qui y vivent; en même temps qu'elle anéantit tout projet commun de société. Comment voulez-vous parler légitimement de « devoir » à quelqu'un que l'on prive du droit à l'égalité ?

J'ai entendu un jour quelqu'un parler de tolérance zéro à l'encontre de jeunes délinquants. J'aimerais qu'on puisse surtout appliquer ce concept à tous ceux qui pratiquent la discrimination : qu'ils soient chefs d'entreprise, bailleurs de logement, banquiers ou dirigeants politiques.

A leur encontre, je serais radical. Car, comme disait l'autre, la discrimination est un poison, à la base même de notre société, la cause de bien des maux.

 

 

 

 

Mercredi 18 mai : La révolution de l'Olivier

 

« La révolution arabe frappe aux portes d'Israël. », voilà ce qu'on pouvait lire lundi dans le journal « Haaretz ». L'éditorialiste, tout comme la société israélienne, en semblait presque étonné. Pensaient-ils donc que les palestiniens resteraient aux portes de la révolte quand les mots liberté, justice, et démocratie fleurissent dans toute la région ? Il était écrit que le printemps arabe passerait par la Palestine, il ne pouvait pas en être autrement. Restait juste à savoir quand et comment. Finalement, ce fut cette marche simultanée de réfugiés palestiniens aux frontières syriennes, libanaises, et de Gaza, le jour anniversaire de la Nakba.

Ce jour-là, par la répression sanglante dont ils ont fait preuve, une fois de plus, les dirigeants israeliens ont montré à ceux qui en doutaient encore, qu'ils ne valaient pas mieux que tous ces dictateurs arabes déchus ou en voie de l'être. Et, qu'ils méritaient sans aucun doute le même sort.

Depuis des années, Israel rime avec impunité. Sûr de sa force et du poids de ses alliances, son Etat-Major affirme n'avoir de compte à rendre à personne, il dit pouvoir agir comme bon lui semble sur « son territoire », et, pour lui, la Palestine fait partie de son territoire.

Israel bafoue le droit international, il humilie l'ONU et ses alliés de toujours. Il est temps que cela cesse. Comment peut-on intervenir militairement contre Khadafi, prendre des sanctions contre le régime syrien, et laisser encore et toujours Israel agir à sa guise ?

En janvier, les tunisiens scandaient « la mort vaut mieux que Ben Ali ». Aujourd'hui les palestiniens nous redisent avec force que la mort vaut mieux que l'occupation. Et, demain, des deux côtés du murs, ils seront encore plus nombreux à se soulever. Avec, je l'espère, l'appui de citoyens israéliens anti-colonialistes : Liberté, droit et justice, sont l'affaire de tous ceux qui s'y reconnaissent. Et le printemps arabe n'est rien d'autre que le printemps de la liberté.

 

 

 

Lundi 16 mai 2011 : DSK et la femme de chambre

 

 

Il était le plus grand, le plus fort. Il caracolait en tête des sondages, à la manière du petit cheval blanc : tous derrière et lui devant. Son nom tenait en trois lettres, comme cet ancien grand président. Mais, ironie de l'histoire, c'est à l'Aéroport JFK que le rêve américain de DSK semble avoir pris fin. « De quoi s'agit-il ? » : c'est en ces termes que DSK s'est adressé aux poiciers venus l'arrêter. Eh bien Dominique, il semblerait qu'une femme de chambre vient de t'accuser detentative de viol : Tu lui aurais couru après, tout nu, dans cette chambre d'hôtel que tu aurais pris soin de fermer à clé.

Question tordue : pourrait-il s'agir d'un simple malentendu ? DSK aurait-il pu confondre cette employée avec l'escort girl qu'il avait commandé ? Avec un bon avocat, ça peut passer.

Excusez moi d'en rire, c'est vrai que, pour le coup, l'accusation est grave. Peut-être un peu trop grave pour le parano que je suis. Je n'aime pas DSK le bling-bling; je n'aime pas ce qu'il représente en tant que boss du FMI, en tant que socialiste « capitalismo-compatible »; mais je ne le crois pas assez bête pour faire une telle connerie. Peut-être que je surestime l'homme ou peut-être que je sous-estime sa pathologie sexuelle. Parce que, oui, tout le monde le sait, DSK est un chaud lapin.

D'ailleurs, que nous aurait dit La Fontaine si il était encore des nôtres ? Aurait-il ré-écrit pour l'occasion sa célèbre fable du lièvre et de la tortue : « Rien ne sert de courir les filles, il faut partir à point »? Mais, dans ce cas, qui serait la tortue ? Et, qui aurait pu tendre un tel piège à DSK ?

Anne Sinclair pour se venger de tant d'humiliations ? Un ouvrier grec pour les même raisons ? Sarkosy, aidé par la DST ? François Hollande ou Martine Audry à qui pourrait profiter le crime ? Marine Lepen, parce qu'elle a une belle tête de coupable ?

Quoi qu'il en soit : Polar, Thriller, Vaudeville, ou drame Shakespearien, le film est loin d'être fini.

 

 

 

Mardi 17 mai : Noyez le poisson

 

On vit une époque formidable : le savoir du monde au bout d'un clic ; l'évolution de notre planète « en live & direct », à portée de zapette. On sait tout, et paradoxalement, on ne sait rien. Perdu dans ce trop plein d'information, le citoyen averti a laissé place au zappeur fou.

Souvenez-vous de ce gigantesque Tsunami à Fukushima, il y a deux mois déjà, un siècle, une éternité... Et depuis, il s'en est passé des choses. Il y a eu, par exemple, cette guerre éclair en Libye, d'après un scénario origénial de Bernard Henry Sarkolevy. Je dis éclair, parce que comme cette guerre ne fait plus les gros titres, je devine qu'elle est terminée. Ou alors peut-être qu'une guerre qui s'enlise, ça n'est pas assez vendeur.

Je suis allé poser la question au directeur de l'information d'une grande chaine de télé. Voilà ce qu'il m'a répondu : « L'info, c'est comme un bon film d'action. Le bon film doit pas durer plus d'une heure trente; Eh bien la bonne guerre, elle doit pas durer plus de six jours, sinon, le télespectateur il s'emmerde, et il zappe. Ou alors, il nous faut des rebondissements, des images inédites, du sang, du sexe aussi si possible. Par exemple, si on trouvait des images de Khadafi faisant sauvagement l'amour à une de ses amazones, d'un coup, ça referait la une. »

J'ai compris : au diable les les catastrophes nucléaires, au diable les guerres mondiales, les révolutions, l'execution de Ben Laden... Il y a des choses bien plus importantes, un mariage princier par exemple. Et les téléspectateurs ne s'y sont pas trompés : ils ont été 2 milliards à suivre cet événement historique !

Et, ce qui compte aujourd'hui, c'est l'audimat. Ceux qui paient, ce sont les annonceurs, pour une poignée « temps de cerveau disponible ».

Nous voilà donc Hypnotisés devant notre petit écran, victimes consentantes d'un système qui nous relègue au rang de « consommateurs ». On ne se révolte pas, on ne se soulève pas, on s'allonge... sur notre canap'

 

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commentaires

m@nu 11/11/2011 20:01


Et oui j'avais contacté des journaux par cyberaction concernant leur silence sur Fukushima, un seul m'avais répondu et c'était pour m'insulter. J'ai contacté des députés et sénateur concernant les
OGM, envoi de plus de 200 emails .... une petite dizaine de réponses, j'ai contacté environs 200 élus et écrits à mitterant, fillon et sarkosy concernant cette saloperie qu'on a invité dan sla
culture francaise j'ai nommé la corrida, j'ai reçu trois réponses dont deux carrément insultantes de représentants du PS du "beau" département du gard ......

Et tout ça dans les médias aseptisés tout le monde s'en branle et préfère, comme vous dites, nous gonfler avec des news peoples ou autre conneries .... le temps éfface tout sur son passage ......
qui se souviens de tchernobyl, qui se souviens qu'en 2007 l'ump a forçé une lois sur les OGM pour autoriser la pollution transgénique à hauteur de 0.9% ... qui se souvient ...... on oubli tout car
l'on est tenu par notre petit confort.

Le danger pour les "grands" de ce monde ne viendra que de ceux qui n'ont plus rien à perdre, c'est là que viendra l'espoir ..... car faut pas se leurrer les français continuent à mettre en avant
les deux gros partis que sont le PS et l'UMP mais ces politiques là ne changeront rien !


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