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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 12:29

 

Elle s'appelle Zohra, elle habite Tunis avec ses quatre enfants. Son mari, ancien opposant au président Ben Ali, a disparu mystérieusement, il y a dix ans déjà.

Depuis plusieurs jours maintenant, à chaque fois qu'elle voit partir ses deux fils aînés pour « la rue » , elle sait. Elle sait qu'elle ne les reverra peut-être pas. Elle sait, mieux que personne, ce dont le pouvoir tunisien est capable. Elle sait qu'aujourd'hui encore les policiers tunisiens exécuteront les ordres en même temps qu'ils exécuteront certains manifestants, pour l'exemple.

Ce soir, c'est le couvre-feu décrété à Tunis. Et, elle, qui s'est opposée au dictateur toute sa vie, demande à ses enfants de ne pas sortir ce soir, « d'attendre demain ». Elle voudrait juste pouvoir se coucher une dernière fois, en les sachant vivants.

La réponse d'un de ses enfants fuse comme ce cri repris désormais par tout un peuple : « la mort vaut mieux que Ben Ali ». Réponse cinglante comme cette porte qui se referme brusquement devant Zohra.

De Kasserine à Tunis, jusqu'aux portes du Palais de Carthage, le peuple tunisien a semble-t-il décidé d'en finir avec celui qu'on certains comparent encore à Ceausescu. Connaitra-t-il la même fin ? Zohra l'espère, ce soir, plus que jamais.

Elle sait que, jusqu'au bout, Ben Ali ne connaîtra aucun scrupule, ni aucune limite, pour garder le pouvoir. Elle sait aussi qu'il dispose encore de nombreux alliés dans « le monde libre », en France notamment.

Soyons sûrs que Zohra a entendu ces derniers jours, ces ministres et autres parlementaires français, soutenir encore et toujours leur ami dictateur. Soyons sûr qu'elle a maudits de tout son être ces soit-disants républicains et démocrates. Zohra s'est peut-être même posée cette question :

Où sont donc les héritiers de la révolution française et de la république des droits de l'homme ? certainement pas au palais de l'Elysée, ni dans quelques autres ministères. Eux, seraient plutôt la ré-incarnation du roi, de sa cours, et de leurs privilèges. Amis des dictateurs sanguinaires. Ennemis de l'aspiration des peuples à devenir libres et souverains.

Enfin, et surtout, en guise de soutien et d'espoir, offrons à Zohra ainsi qu'à tout le peuple tunisien, ces quelques mots d'un camarade saltimbank chilien, qui a combattu par le passé un autre dictateur célèbre :

 

" N'oublie pas camarade que le peuple uni triomphe toujours "

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 10:30

 

 

 

Ier témoignage : Une étoile dans la nuit

 

« Un soir sur l'astre de la lune rousse, dans notre ciel apparut une nouvelle étoile, bien différente des autres. Elle brillait c’est sûr, mais elle n’était pas de ces étoiles qui éclairent, plutôt de celles qui aveuglent. De celles étoiles devant qui on devrait baisser les yeux, courber l’échine.

 

Non loin de cette étoile, très vite, une seconde, identique. Puis une troisième, puis une dizaine, une centaine, un millier d’étoiles illuminant soudain notre ciel. Spectacle unique, magnifique pour nos yeux et terriblement cruel pour notre existence.

 

Telle une armée de prédateurs s'approchant d' une seule et même proie, ces étoiles marchaient vers nous d'un seul et même pas; Amenant avec elles un vent glacial, annonciateur de jours troubles à venir , de temps tristes à mourir : pour nous, nos enfants, leurs enfants, les enfants de leurs enfants.

 

Bientôt, nous allions comprendre que ces étoiles n’étaient pas des étoiles, plutôt des navires. Et que ces navires étaient peuplés d' êtres étranges, parlant une langue étrange, se déplaçant de façon étrange, des êtres à l’image de leurs vaisseaux: brillants, aveuglants, forts, froids, orgueilleux.

 

Ils semblaient vouloir nous signifier qu’ils venaient en paix. Mais ils étaient tellement nombreux, apparus de façon si soudaine ; et surtout, tellement armés. On ne pouvait pas les croire. Pensaient-ils nous tromper ?

 

Leur force nous effrayait. Nous avons voulu leur faire comprendre qu'ils n'étaient pas les bienvenus, qu’on souhaitait qu’ils repartent chez eux. Là-Bas. Là où on ne les voyait pas. C'est alors que celui qui semblait être leur chef, brandit son arme et…

 

...la suite n’est que crimes, horreurs, et tortures. Durant des décennies, ils ne voulaient pas partir, et nous ne voulions pas qu’ils restent. Nous étions fiers, tellement fiers. Mais ils étaient forts, tellement forts.

 

Au bout de quelques mois d’une guerre inégale, notre peuple était à terre, réduit à une poignée de combattants-mercenaires retranchés dans les montagnes et les forêts. L’espoir d’une possible victoire, n’était même plus un rêve, juste un souvenir que chaque jour éloignait un peu plus.

 

Un jour, notre chef, sans nous en parler, convoqua ses généraux, et décida de rendre les armes. Pourquoi ? Pourquoi nous avait-il abandonné ? Pourquoi nous avait-il condamné à devenir des esclaves ? Pourquoi avait-il fait ça, lui, vaillant combattant de la lune rousse ? Nous aurions préféré plutôt mourir avec honneur que vivre dans l’humiliation. »

 

 


 

 

2ndtémoignage : Mon père m’a dit

 

« De ce que me dit mon père, cette planète est la sienne, cette planète est la nôtre. Les champs qu’il cultive du matin au soir, ce sont les nôtres, les fruits qui sortent de cette terre sont les nôtres. De ce que dit mon père, nos maîtres ne sont pas nos maîtres. De ce que dit mon père, il faudra qu’ils repartent un jour comme ils sont venus. De ce que dit mon père, il me faut retenir tout ça, garder ces récits secrets précieusement, qu’ils n’entendent pas ces histoires, qu’ils croient notre mémoire perdue, enterrée, qu’ils s’endorment sur leurs certitudes. De ce que dit mon père, il me faudra raconter cette histoire à mes enfants, et qu’eux même le retiennent et la racontent à leurs enfants. De ce que dit mon père, cette mémoire est sacrée, car viendra une génération où les enfants de la lune rousse se soulèveront contre leurs soit-disant maîtres et les renverront dans leur galaxie lointaine.

 

Mon père cultive leur terre tous les jours, et chaque jour, il me répète « ce n'est pas leur terre, c'est la nôtre ». Ils accueillent mon grand frère dans leur école pour lui apprendre leur histoire; ils lui apprennent aussi à lire et à parler leur langue. Moi je n’ai pas le droit d’y aller, un seul par famille, c'est comme ça.

 

Aujourd’hui, mon père ne m’a rien dit, il est mourant. Aujourd’hui, mon père n’a pas travaillé, alors mes frères, ma mère, et moi, nous n’avions rien à manger. J’ai 12 ans. Aujourd’hui, mon grand frère m’a envoyé chercher dans les poubelles de nos maîtres des restes de leurs repas.

 

Demain, mon frère partira sur leur planète. Il ira travailler pour eux, là-bas. Il m’a dit qu’il reviendrait avec plein d’argent. En attendant qu’il revienne, je serai l’homme de la famille : je travaillerai pour nos maîtres, je leur sourirai, leur dirai bonjour, au revoir, merci, mais je les détesterai et je prierai pour voir le jour où les enfants de la lune rousse se soulèveront. »


 


 

 

3ème témoignage : L’Etranger

 

"Me voilà sur terre, planète des hommes. Je porte un masque car mon corps ne s'est pas encore habitué à respirer cet oxygène ; je reste dans l’obscurité alors je ne vois pas leur soleil ; Je ne suis pas un des leurs, alors il ne m’offrent pas leur sourire… et pourtant, que cette planète est belle.

 

Sur terre, il y a d’autres êtres, venus d’autres planètes. Comme moi, certains portent des masquent; comme moi, ils habitent une cité extérieure à la ville, tout comme d’autres humains d’ailleurs, parmi les plus pauvres. Nous formons une sorte de communauté improbable. J’aurais bien aimé habiter en ville, mais je n’en ai pas le droit. Enfin, je crois.

 

Peu m’importe. Les hommes ont tenu leur parole, en échange de mon travail, ils m’ont donné de leur argent. J'envoie chaque mois la moitié de cet argent à ma mère et mes frères. J'aimerai qu'ils viennent me rejoindre, eux voudraient plutôt que je rentre au pays.

 

Hier soir, j’ai rencontré une princesse terrienne, au bord des larmes, sur le bord d’un pont, au bord de sa vie. Elle s’était enfuie de chez elle, ne voulant pas se voir mariée à un homme qu’elle ne désirait pas. Croyez-vous au destin ? croyez-vous qu’il était écrit quelque part que je devais me trouver là, à ce moment précis pour lui tendre la main, et la voir m’offrir la sienne ?"

 

 


 

 

4ème témoignage : L'orage

 

« La guerre a éclaté sur l'astre de la lune rousse. Nous habitons là-haut, sur la colline, près de la grande source. Tout autour de notre village, il n'y a que des arbres, à perte de vue. Cette forêt abrite nos frères rebels qui ont osé défié les hommes.

 

Hier, des oiseaux de fer ont obscurci notre ciel. Ils ont fait pleuvoir le feu sur notre village. Nous sommes tous sortis de chez nous et avons couru sous le déluge et le fracas, pour atteindre notre refuge : une abri gravé dans la roche, notre cachette secrète sous la montagne.

 

Alors que nous courions, ma petite soeur s'est écroulée. J'ai voulu la relever, mais notre mère m'a tiré par le bras en me criant : « C'est tout ». C'est tout ce qu'elle pouvait faire : fuire les bombes, essayer de courir plus vite que la mort, sauver ceux qui pouvaient l'être.

 

Nous avons atteint le refuge, couverts de larmes et de boues. Quelques minutes après, perdue au milieu d'autres villageois, une petite miraculée, cherchait sa maman. Notre mère courut vers elle, lui toucha le visage et chaque partie de son corps, comme pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'un fantôme, tout en lui répétant encore et encore “c'est tout”, “c'est tout”, "c'est tout".

 

Nous sommes restés là toute la journée, serrés les uns contre les autres, attendant l'éclaircie, dans l'espoir de pouvoir « rentrer à la maison ». Notre maison à nous, n'a pas résisté à la tempête. Quand notre mère a vu ça, elle est tombée à genou, et a posé la paume de ses mains contre son visage. Elle est restée de longues heures comme ça. Avec mes frères et soeurs, on ne savait pas si elle pleurait, ou si elle priait. Au début, on est venu la consoler, mais elle nous a demandé de la laisser seule. Alors, on est allé jouer dans notre maison ou plutôt sur notre maison. Sur les ruines de notre enfance. »

 

 


 

 

5ème témoignage : Libres

 

« Voilà donc venu le jour. Sur cette planète lointaine que l'on appelle lune rousse, mes ancêtres vont pouvoir enfin reposer en paix et s'endormir sous une terre libre. Y a-t-il plus beau mot que celui-là : liberté ? N'est-il pas la source de toute vie ? Qui peut priver un autre de sa liberté ? Et au nom de quoi ? Si j'ai commis un crime, je veux bien que l'on m'enferme, que l'on m'enchaîne, que l'on me tue même. Mais si mon seul crime est d'être né et d'exister, alors soyez sûrs que je me battrai pour elle. Et que mes enfants feront de même, ainsi que leurs enfants. Jusqu'à ce que liberté s'en suive. »

 

 


 

 

6ème témoignage : Dans l'ombre

 

" Je suis né sur terre. J'ai gandi sur terre, mes compagnons, mes amis sont terriens. Et poutant... je ne suis pas vraiment des leurs. Je ne suis pas vraiment des “autres” non plus. Non. Je suis l'enfant de l'histoire morcelée qui vient de vous être contée. Je suis l'enfant de tous ces témoignages qui vous sont parvenus, par-delà les époques et les distances. Je suis un mutant, puisqu'il n'y a pas d'autre mot : Moitié lunaire, moitié terrien.

 

Sur les deux planètes, mon corps s’adapte. Dans ces deux galaxies, mon esprit résiste. J’ai de la chance; Et la prétention de croire que je suis peut-être une chance. Une chance pour ces deux mondes.

 

Et pourtant, il y a de ça bien des années, ici même, sur votre terre, les gens “de mon espèce” furent d’abord fichés, tracés, puis traqués... Pour la “sauvegarde de la race humaine”.

 

Nous devions certainement représenter un danger. Peut-être étions nous cette preuve insupportable que l'homme n'était plus le dernier maillon. Il n'était plus le stade ultime de l'évolution. “Cachez moi ces mutants que je ne saurai voir !”. Ou peut-être que quelques grands sages terriens, dans quelques bureaux opaques, ont émis a folle hypothèse qu'un jour prochain les mutants pourraient prendre le pouvoir sur terre; reléguant l'homme au second plan, lui conférant les seconds rôles. Mais c'est bien la peur qui a finalement pris le pouvoir. Et la peur est la pire des alliées.

 

Ils” sont venus chez moi alors que je n'étais qu'un enfant. En m'enfuyant ce soir-là, j'ai perdu ma famille en même temps que mon innocence. Ce soir-là j'ai compris que j'étais coupable depuis ma naissance.

 

Depuis ce jour, je ne suis plus un mutant, je suis un clandestin, puisqu'il n'y a pas d'autre mot. Pour survivre, je dois taire mon identité, mon passé, mon histoire. Mais, croyez-moi, en m'enfuyant ce soir-là, je n'ai pas perdu la mémoire.

 

Je pensais être fort : mutant surhumain à la force d’Hercule, je pensais, suivant mon arithémtique, que 1 + 1 pouvaient faire 10. Mais, ne dit-on pas sur terre que les forces « contraires » s'annulent ? Suivant cette logique, “ils” ont conclu que je n'étais rien. D'ailleurs, c'est bien connu, les mutants n'existent pas !

 

Il n'ont pas réussi à me convaincre, et pourtant ils se sont donnés bien du mal. Je leur laisse le présent, puisqu'ils ne veulent pas le partager avec les gens de mon espèce. Et je prends pour moi et mes compagnons l'avenir. Ils peuvent bien nous “arrêter” tous, un par un, ils n'arrèteront pas l'Histoire.

 

Enfin, pour ceux que ça intéresse, voici un ultime témoignage. Il est signé par un clandestin “anonyme” de notre époque."


 


 

 

Ultime témoignage : Marvel Comics

 

« J’avais 12 ans, un soir d’automne, il devait être aux alentours de 22h. J’étais dans ma chambre, devant ma fenêtre ouverte, à lire ma BD préférée, « Marvel Strange Comics ». J'en étais au numéro 224, celui où Spiderman s’alliait à Dardevil pour combattre le syndicat du crime. Spiderman venait de se faire démasquer, toute la ville allait savoir qu’il était en réalité Peter Parker.

 

Et voilà soudain que la porte de ma chambre vole en éclat. Ils se pointent devant moi, « suis nous ! ». Ils sont trois ou quatre, je ne sais plus, “dépêche-toi !”. Sur ma gauche, ma fenêtre. Je fais quoi ? je les suis ? je me sauve !

 

Combien de fois je me suis échappé par cette fenêtre, quand j’n’ avais pas l’ droit d’ sortir le soir ? combien de fois j’ai vagabondé sur ces toits ? combien de fois j’ai rejoint la terre ferme descendant le long du poteau électrique ? c‘est mon territoire, comme Dardevil, même les yeux fermés, ils ne m’ ratrapperaient jamais. Sauve toi, grimpe, vole, disparaît. Qui court plus vite que toi ? »

 

 

 

 

 

 

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 15:07

 

Je suis un enfant du matin. J'aime le petit matin. Quand la nuit s'est faite la malle et que le jour tarde à s'pointer. J'aime cette impression étrange de calme avant la tempête. J'aime Roubaix au petit matin; peut-être même que je n'ai jamais autant aimé Roubaix qu'au petit matin: j'aime m'y promener, aller m' prendre un ptit dej à 2 euros 70 au Broutteux ; et puis rentrer chez moi, comme un vieux type, à l'ancienne, mon journal et ma baguette sous le bras. Sur ce point au moins, Goldman avait tout faux, un matin, ça ne sert pas à rien.

Mais, c'est vrai, y a des matins un peu moins paisibles que d'autres. Je m'en souviens d'un particulièrement agité. Ça remonte à deux trois ans je crois, peut-être même un peu plus.

J'arpentais le macadam roubaisien, mains dans les poches, tête baissée, vitesse du matin, deux d'tension. Et là, aux abords de l'Eurotéléport, juste en face du manège et du marchand de nougats, un clochard m'aborde et me dit : « j'voudrai la revoir ». Au début je pensais qu'il parlait de ma thune, et je trouvais sa manière de mendier pour le moins originale. Mais, il s'est mis à marcher à mes côtés en répétant inlassablement ces quelques mots « je voudrais la revoir », « je voudrais la revoir ». Puis, une dernière fois « je voudrais la revoir. Vous pouvez m'aider ? ».

J'ai compris à cet instant qu'il ne parlait pas d'une pièce de monnaie mais d'une personne bien plus précieuse à ses yeux. J'ai dû répondre un truc du genre « je sais pas. Oui. Non. Peut-être. Pas maintenant. Je suis pressé », et j'ai repris mon chemin le laissant derrière moi, hagard.

A ce moment-là vous devez vous dire, à juste titre, « mais il a pas de coeur celui-là ». Je suis d'accord avec vous, il n'a pas de coeur ce mec. Comment peut-il m'interrompre de la sorte, et foutre en l'air ma traditionnelle matinée roubaisienne solitaire ? Quelle brutalité !

Je sais pas ce qu'il m'a pris, peut-être un cas de conscience, peut-être par curiosité, j'ai finalement fait demi-tour puis j'ai demandé à ce Monsieur : « Et, comment on pourrait vous aider ? ». il m'a répondu, dans un grand sourire : « 

  • je voudrai que vous lui disiez que je veux la revoir.

  • Mais monsieur, vous êtes quand même assez grand pour aller lui dire vous-même. J'suis pas une assistante sociale moi !!!

  • Je sais, mais je peux pas.

  • Alors, écrivez-lui un mot.

  • Oui !!! mais je ne sais pas écrire.

  • Mais elle, elle sait lire au moins ?

  • Oui, oui, c'est sûr.

  • Ok, je vais l'écrire pour vous. Mais vous irez lui donner en main sales vous-même.

  • En fait, elle n'habite pas là. Il faudrait lui envoyer par la poste.

  • Très bien. Allons acheter une enveloppe et envoyons lui ce mot. »

     

Je vous arrête tout de suite, je n'ai pas fait ça par charité. Mais vous savez, ces gens-là, quand vous faites pas ce qu'ils vous demandent, ils viennent squatter vos pensées toute la journée en vous insultant de pauv' type, égoïste. Parfois même ils viennent vous déranger la nuit, dans votre sommeil profond. Ils s'en foutent, eux ils dorment pas la nuit. Ces gens-là n'ont pas de limites, ils n'ont rien à perdre. Et même, parfois, ils peuvent se transformer en dangereux terroristes Kamikazes. J'ai vu un très bon reportage là-dessus l'autre jour sur TF1.

Bref, me voilà, un bon quart d'heure après, avec Pierrot, sur le bord d'un trottoir à écrire cette lettre pour sa bien-aimée. Entre-temps, vous l'aurez compris, on a pu faire un peu connaissance: « 

  • alors qu'est-ce que vous voulez lui dire

  • Hé ! Maintenant qu'on est pote, t'arrète tes manière. Tu m'dis pas vous !!

  • Et donc qu'est-ce que Tu veux lui dire

  • Dis lui que, euh... Dis lui que c'est elle qui m'a... Non pas ça. Dis lui bien ou non dis lui tout court que je voudrai la revoir.

  • Juste ça ? « bonjour, je voudrai te revoir. »

  • Ah non, un peu de respect, j'te prie !!! écrit : « je voudrai VOUS revoir. »

  • Ok. Et je mets pas un truc du genre bonjour, ou salut. Et son prénom. Et...

  • Nan, nan, juste ça. Et même, steuplé, barre « je voudrais ». Mets juste « vous revoir. »

  • Et pendant qu'on y est, pourquoi je mettrais pas juste « vous ». Ou une feuille blanche avec juste ta signature, c'est bien aussi, non ???

  • Mais non surtout pas malheureux !!! pas de signature, après elle va savoir que c'est moi »

 

Excédé Par Pierrot et ses atermoiements amoureux, j'ai refermé l'enveloppe et lui ai demandé sèchement : « 

  • son adresse ?

  • Son adresse ? Quelle adresse ?

  • Son adresse connard ( ça ma échappé ). quand t'envoies une lettre, il faut mettre une adresse.

  • C'est vrai.

  • Et toi, t'as pas son adresse ?

  • Bin nan.

  • En même temps, toi non plus t'as pas d'adresse

  • Ah si !!!

  • ???

  • J'habite au 13 rue du béton. J'ai du bol, j'habite dans une maison à ciel ouvert, sans toit, ni porte, à la portée des étoiles. D'ailleurs t'es chez moi là. Alors t'aurais pu enlever tes chaussures avant d'entrer. Aaahaahahah !!!

  • Très drôle !!! et en plus, monsieur est poète. Tiens ta lettre, et steuplé, si un jour tu m'vois passer devant toi, fais comme si tu m'avais pas vu. Parce que moi, j'ai pas trop envie de « VOUS revoir »

 

Voilà, c'est un peu con comme histoire, mais si j'vous raconte ça, c'est parce que le mois dernier, j'ai revu Pierrot. Enfin, c'est surtout lui qui m'a revu. Il a couru vers moi et m'a dit : « 

  • Hey ! tu t'souviens d'moi ?

  • Ah Pierrot, t'es encore vivant !?

  • Ah ouais, et tu sais quoi !? J'suis plus à Roubaix. J'suis revenu juste pour te voir

  • Comme c'est gentil !

  • Ouaip, je voulais te remercier, je l'ai revue, grâce à toi. Viens dans mes bras mon pote !!! »

 

Je n'ai pas eu le temps d'esquiver, je me suis retrouvé dans ses bras, berk ! Il s'est même mis à m'embrasser. Dégueulasse. Il me disait : « 

  • Merci mon frère. Merci, merci, t'es un ange.

  • Mais Pierrot, on avait même pas mis d'adresse sur la lettre.

  • Et alors ? C'est toi qui comprends pas. On a pas besoin d' adresse. C'est ça la vie ».

 

Pierrot, il était tout heureux, il sautait de joie, ses yeux pétillaient, comme un gosse. Sur le coup, il a presque réussi à m'attendrir. Aussi, comme il était venu à Roubaix juste pour me voir, je me suis dit que la moindre des choses, c'était de s'intéresser à son histoire. Au moins de faire semblant : « 

  • Alors ?

  • Alors quoi ?

  • Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?

  • Bin, je l'ai revu.

  • Et donc, tu es allé la voir...

  • Mais ça va pas non !

  • ???????

  • C'est une princesse. Et moi j'suis un clodo. On vit pas dans le même monde. Qu'est-ce tu veux que lui dise ? Je l'ai revue, j'ai revu son regard, son sourire...

  • Elle t'a souri, c'est déjà ça.

  • Nan, c'était pas à moi qu'elle souriait, enfin, j'crois pas. J'lai revue, c'est tout c'que j'voulais. T'aurais vu comme elle était belle !!! Et puis elle avait l'air... heureuse.

  • Mon pauv' Pierrot, elle avait l'air heureuse, toi tu dors dans la rue. Et ça t'suffit pour tout oublier.

  • Ouaip. De tout façon, tu veux qu'j'te dise, toi, tu connais rien à l'amour. T'as un coeur de pierre.

  • T'as qu'à m'la présenter, je serai peut-être touché par la grâce, qui sais ?

  • Ecoute moi bien, t'as beau être mon pote, si je te vois un jour l'approcher, j'te tue. T'as compris ?

  • Ok, promis, je te laisse ta princesse. Et si un jour je la croise, je baisse les yeux, j'te donne ma parole. Mais dis moi juste. Vous avez prévu d'vous revoir ?

  • Je sais pas encore, mais t'inquiète pas, toi j'ai prévu de te revoir. J'vais revenir squatter un peu par ici, le matin c'est beau, c'est calme. On y croise des mecs sympas.

  • Damned !!! »

 

Et depuis ce jour-là, pour ne pas m'faire emmerder par Pierrot le clodo, chaque matin, je préfère rester chez moi, j'm'enferme à double tour, on sait jamais. Je ne bouge plus. J'compte les heures. Et, des fois, j'me dis que finalement, c'est Goldman qui avait raison. Un matin, c'est vraiment pourri. 

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 02:16


Mardi 21 décembre 2010, porte de Paris à lille. 14H30. Polo est là. Il attend jusque 15h00, puis il se met à marcher au milieu de la route. Avec pour seuls compagnons un porte voix et une pancarte, il crie, il s'époumonne : « sarkosy, ta réforme, on en veut pas ! ». Il chante : « On lâche rien, on lâche rien, on lâche rien ».

Derrière lui, ça bouchonne. Les voitures s'entassent. Pour lui, ça ne fait aucun doute : ses camarades l'ont enfin rejoints. Ils préfèrent manifester en voiture, c'est tout. En hiver, c'est plus pratique.

Échaudés, les automobilistes sortent les têtes et se mettent à crier, à l'insulter.. Et notre ami reprend de plus belle les slogans qu'on vient de lui souffler, un peu vulgaire à son goût, mais diablement efficaces : « Connard ! Bouge ! laisse nous passer ! »

Les voitures klaxonnent, notre ami jubile. Il sent la flamme de la révolte de tout un peuple derrière lui. Un homme l'interpelle : « mais, mon pauv' monsieur, les manifestations sont terminées depuis plus de deux mois !!! ». Polo, droit dans ses bottes, pointe du doigt les milliers de voitures agglutinées derrière lui et répond du tac au tac « Ah bon ? Et ça c'est quoi ??? C'est vous le pauv' monsieur, vous croyez tout ce qu'on vous dit à la télé !!! ».

Polo mène son cortège d'une main de fer durant plus de deux heures dans les rues de Lille. Et, une fois arrivé place de la liberté, il sonne la fin de la manif'. Il est l'heure de rentrer à la maison, avec le sentiment du devoir accompli.

Le soir à la télé, comme d'habitude, aucun mot sur la manif du jour ! Les gros titres s'attardent encore des nouvelles menaces d'Al Qaida envers la France. Ça fait deux mois que ça dure. Ça fait deux mois qu'on ne parle que de l'autre, matin, midi et soir : Ben Laden, encore Ben Laden, toujours Ben Laden... La menace terroriste, encore un coup de sarko pour faire diversion.

Pour Polo, l'équation est simple ; tant que ce Ben Laden sera vivant, le mouvement social sera condamné à l'anonymat. Polo est donc prêt à mettre entre parenthèse les manifestations pour une autre mission bien plus importante : Kill BL !!!

Vendredi 24 décembre. 23h. Commissariat du 16ème arrondissement. Polo arrive tout fier les mains en sang et clame : « Joyeux noël !!!! ça y est, je l'ai retrouvé. Et, je l'ai tué !!! la révolution est en marche camarades !!! ».

Et, voilà qu'en ce soir de Noël, Polo remplace Ben Laden dans tous les gros titres. Et nul doute, que demain les journaux ne parleront que de ce pauv' type, atteint de folie, qui a cru voir le diable, et qui a défenestré BHL en hurlant « prends ça sale bougnoule ».

Mais qu'est-ce qui t'es passé par la tête Polo ? Tu t'es trompé de star de la télé. T'as lu trop vite, t'as pas fais gaffe BL – BHL, tu t'es dit qu'c''était pareil. Tu pensait ptete que Ben Laden avait sans doute un petit nom... Ben Henri Laden, ça sonnait bien.

Comme circonstances atténuantes, tu pourras toujours dire au juge que t'étais crevé par trois mois de grève ininterrompues. Mais, manque de peau, tu risques de rater les manif' des 60 prochaines années. Et ta retraite, tu vas la passer en taule.

 

Joyeux Noël Polo. Et, oublie pas : « on lâche rien »

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 00:10

 

Aujourd'hui, c'est officiel, je fais grève !!! La fois dernière, il faisait 27 degrés et j'avais promis aux enfants de les emmener à la plage, alors j'ai passé mon tour. La fois d'avant, j'pouvais pas, j' travaillais... Mais cette fois, j'en suis !

Un ami syndicaliste m'a dit l'autre jour, faut au moins qu'on soit trois millions pour faire plier le gouvernement. Ce à quoi je lui ai répondu : « mais non malheureux !!! Trois millions ça ne suffira jamais. faudrait qu'on soit au moins 30 millions ». Suite à ça, il m'a fait une tape sur l'épaule, et s'en est allé dans un grand éclat de rire, en s'esclaffant « 3O millions, trop drôle !!! ».

Pourtant, j'étais vraiment sérieux. Et encore, 30 millions, c'est un minimum. D'ailleurs, je vais vous faire tout de suite la démonstration que cet objectif est largement à notre portée.

D'abord il faut oublier les comptages d'après la Police. Si les policiers savaient compter au-delà de dix, ça se saurait. Et, aussi, au risque de me fâcher avec mes camarades syndicalistes, je vous le dis, les comptages d'après les organisateurs ne sont pas toujours fiables. Après une bonne manif' bien arrosée, on a souvent tendance à voir les gens en double.

Non, vraiment, le comptage de grévistes est une chose très sérieuse, et le mathématicien que je suis va vous donner l'algorithme permettant une estimation du nombre de grévistes au plus près de la réalité :

1- Pour commencer : le comptage au mètre carré, dit comptage classique

Une manifestation dans une grande ville s'étale en moyenne sur 1000 mètres carrés. Vu le prix du mètre carré dans les grandes villes, et les revenus moyens des grévistes, on va pas avoir d'autres choix que de se serrer un peu. Disons à 20 par mètre carré. Ce qui nous fait au bas mot 20 000 manifestants que l'on multiplie par le nombre de villes moyennes, c'est à dire 100. Voilà déjà d'office 2 millions de manifestants. Un bon point de départ. On peut déjà dire merci à l'inflation immobilière. 

 

2- Ne jamais oublier de compter les manifestants cachés.

En effet, chaque manifestation est filmée et passe le soir à la télévision locale ou nationale. Une étude récente a montré qu'un français sur deux se déclarait timide. Quand on est timide, on ne veut pas passer à la télé, c'est évident, donc on ne manifeste pas ouvertement. CQFD. Le pourcentage de timides étant le même pour les français « manifestants »; Pour 2 millions de grévistes officiels, rajoutez donc 2 millions de grévistes timides. Ce qui nous fait 4 millions.

 

3- Ceux qui ne sont jamais arrivés.

Après chaque journée de grève, on nous parle des français bloqués dans des gares et sur la route. Si l'on en croit les chiffres du ministère du travail, un français sur 4 ne peut pas se rendre sur son lieu d'activité les jours de grève. Mais ce qu'on ne nous dit pas, c'est que parmi ces français, il y en avait qui voulait se joindre aux manifestations et qui ne sont jamais arrivés. Donc 1 millions de grévistes bloqués à cause de la grève. On arrive à 5 millions.

 

4- Ne pas oublier de compter Les chômeurs en grève.

Par définition, un chômeur qui fait grève est un chômeur qui ne peut pas manifester. Car quand on est en grève du chômage, on travaille. Bah oui !!! Au prorata, 5 millions de chômeurs nous donne donc 500 000 grévistes en plus. Ce qui nous fait au total 5 millions 500 mille.

 

5- Les grévistes sans papiers

Si l'on prend les chiffres du ministère de l'immigration, qui sont sensiblement les même que ceux du FN, on a au moins 500 000 clandestins en France qui profitent du système sur le dos des bons français. On peut donc tous les compter de fait comme manifestants d'office. On obtient pour l'instant un total 6 millions. On avance, on avance...

 

6- Les Taulards 

On ne les compte jamais, et pourtant, ce sont des citoyens comme les autres, ils ont le droit de faire grève eux aussi. Vous avouerez, qu'il est quand même un peu difficile de se pointer à la manif' quand on est en taule. Et pourtant, si vous faisiez un sondage auprès des prisonniers de france et de navarre, vous vous rendriez compte que 100% d'entre eux préfèreraient être à la manif plutôt que dans leur cellule. Donc ajoutons 60 000 manifestants. 

 

7- Le coup de grâce : Les représentants du peuple

Lors des dernières grèves, j'ai eu l'occasion de zapper sur la chaine parlementaire. J'ai vu l'hémicycle de l'assemblée nationale totalement vide. J'ai pu compter au grand max, 60 députés. Où étaient les autres ? Ils faisaient grève, forcément, je ne vois pas d'autres explications possibles... Attention, calcul savant : Nous avons près de 600 députés représentant 60 millions d'habitants. Soit un député pour 100 000 habitants. Donc, 540 grévistes représentent donc 54 millions de grévistes. Nous arrivons donc à un total de plus de 60 millions de grévistes.

 

Mes calculs sont formels et sans appel ! J'voudrai pas faire mon parano de base, mais je me rends compte quand même que c'est la grève générale en France et qu'on voudrait nous le cacher. Qui ? Pourquoi ? Comment ? Mystère... Mais, Comptez sur moi pour faire une enquête sérieuse à ce sujet.

 

( écrit en collaboration avec Saïd Zarouri )

 

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 11:37

 

De l'homme des cavernes jusqu'au loup des temps modernes

Par la route de la soie, en passant par l'Egypte ancienne

Toujours la même musique, toujours la même rengaine

Toujours la même histoire écrite à l'encre de nos veines

 

De Christophe Colomb et ses trois caravelles,

Jusqu'aux champs de coton, l'Histoire résonne comme un Gospel

De la destinée du tiers monde à la condition ouvrière

« La raison du plus fort est toujours la meilleure »

 

De l'aube de l'humanité au crépuscule nucléaire

De la tour de Babel jusqu'au World Trade Center

De la cour des miracles au mirage des charters

« Si ce n'est toi, c'est donc ton frère »

 

 

C'est toujours la même histoire, depuis que l'homme est l'homme

 

 

De la guerre du feu jusqu'à la guerre du pétrole

Bientôt la guerre de l'eau, la suite au prochain épisode

De la guerre de cent ans jusqu'à la guerre des 6 jours

Au-dessus des corps sans vie, toujours les mêmes vautours

 

Voyage au centre de la terre au fond d'une mine de charbon

L'allégorie de la caverne ou le royaume de l'illusion

De la grotte de Lascaux, jusqu' aux tags des lascars

Les murs n'ont pas d'oreilles, mais ils témoignent de notre histoire

 

De ma tour HLM jusqu'à la grande muraille de Chine

Du mur de Berlin jusqu'au mur de Palestine

Du conte des mille et une nuits, jusqu'à la prise de Bagdad

Il était une fois le cauchemar de Shéhérazade

 

 

C'est toujours la même histoire, depuis que l'homme est loup

 

 

Une autre histoire s'écrit celle de la résistance

Chapitre de l'espoir, donne un sens à notre existence

Combien de Rosa Parks, combien de Mère Térésa

Y ont consacré toute leur vie ne baissant jamais les bras

 

De l Emir Abd el Kader, face à la prise d'Alger

Jusqu'au grand Chef Joseph de la tribu des Nez Percés,

Tant d'illustres personnes rebelles et indociles

Ils ont tous vécu en héros, mais combien sont sont morts en exil

 

Combien de Jean Moulin tombés aux mains de l'ennemi

Pour un seul Nelson Mandela, triomphant de l'infâmie

Rares sont les victoires. Courts instants de répits

Mais tant qu'elles existent, on peut croire que tout n'est pas déjà écrit

 

De la première colombe abattue en plein ciel

Jusqu'aux cendres de Gandhi dans les eaux sud-africaines

L'issue est improbable mais que cette histoire est belle

Il était une fois la Révolution Humaine...

 

 

Texte écrit en collaboration avec Saïd Zarouri alias Toufik

 

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 20:31

 

ça y est, c'est donc officiel, Roubaix est la ville la plus pauvre de France !

 

Quand la nouvelle est tombée, j'avoue avoir ressenti une immense fierté d'être roubaisien. Bah quoi ??? C'est une récompense comme une autre non ??? Moi je dis que seule la victoire est belle. Ne soyons pas trop modestes, Roubaix a mérité ce trophée face à une meute de concurrents plus pauvres les uns que les autres : Maubeuge, Calais, Lens... c'est peu dire !

 

Je voudrais d'ailleurs, avoir une pensée pour tous nos adversaires. Je voudrais leur adresser une message de compassion parce que je sais bien que l'histoire les oubliera. On ne se souvient jamais des seconds. L'histoire ne se rappellera que Roubaix, parce que nous sommes les premiers !

 

Comment ça, premier ex-aequo !? Avec qui donc !? Denain !!!? Mais mon pauvre Monsieur, Denain c'est loin ! Denain n'a pas de passé, pas d'histoire !! Et puis, vous le savez comme moi, Denain devrait être disqualifié pour Dopage appauvrissant. De la gonflette ! Denain a triché en usant de procédés illégaux pour attirer artificiellement tous les pauvres de la Région, juste avant le début de la compétition. C'est scandaleux et anti-sportif.

 

Mais je ne m'inquiète pas sur ce point, l'Histoire rétablit toujours la vérité et ne laisse jamais de place aux tricheurs; sauf exception, peut-être, pour ce qui concerne les dirigeants politiques.

 

Mais revenons à nos moutons. Revenons donc à notre victoire. En fait, d'après ce que me disait ma source non officielle, au coin d'un bar du centre-ville, c'est qu' on serait en tête dans quasiment tous les indicateurs de pauvreté dont le sacro-saint taux de chômage avec un record frôlant les 20 % ! Alors là, ma fierté est double puisqu'en tant qu'intermittent du spectacle j'ai, en quelques sorte apporté ma pierre à l'édifice.

 

Une victoire que je qualifierai donc de collective. Dans une époque où l'on prône l'individualisme à tout va, ça fait du bien de se dire qu' « ensemble tout devient possible ». Oui, en réunissant les malheurs de chacun on peut y arriver !!!

 

EN quelque sorte ce trophée de ville la plus pauvre de France, c'est comme un césar, que dis-je ? Un Oscar !!! Je suis d'ailleurs très honoré d'avoir été choisi pour recevoir ce trophée au nom de tous les roubaisiens.

 

Je voudrais tout d'abord dédier cette victoire à nos clochards, véritables hommes et femmes de l'ombre, n'hésitant pas à dormir dans des cartons, à même le sol, se sacrifiant pour nous tous. Des vrais soldats dont certains sont tombés au champ d'honneur, les armes à la mains, pour la cause. J' avais invité quelques rescapés à m'accompagner aujourd'hui. Les lettres me sont revenues avec la mention "N'habite pas à l'adresse indiquée". En tout cas, même si ils ne sont pas là physiquement, ils sont présents dans nos coeurs et resteront à jamais gravé dans nos mémoires. En ce jour de gloire, notre reconnaissance à leur égard est immense.

 

Ensuite, j'aimerai remercier ceux sans qui rien n'aurait été possible : Nos banquiers, toujours prompts à appliquer l'interdit bancaire au moindre centimes de découvert non autorisé. Merci. Nos équipes d'EDF-GDF qui excellent dans l'art de « couper » le courant et l'eau chaude. Merci. Nos huissiers sans qui les expulsions n'auraient jamais lieu. Merci. Tous ces patrons au grand coeur qui ont refusé d'employer tant de nos con-citoyens sous pretexte d'un nom patibulaire, d'une photo aux couleurs trop sombre, d'une adresse trop roubaisienne... Mille mercis ! Je présente mes excuses à tous ceux que j'aurai oublié de citer, mais la liste est tellement longue. Cette victoire est la vôtre !!!

 

Je profite aussi de cette tribune pour m'adresser à nos mendiants : restez pauvres, et restez chez nous ! N'allez pas voir la concurrence ! s'il vous plait ! Vous ne serez jamais aussi bien traités qu'à Roubaix. Vous êtes ici chez vous.

 

Pour ma part, je voudrais, modestement m'ériger en exemple pour tous nos compatriotes roubaisiens : Je vous annonce ma décision, de quitter Roubaix à cause d'un salaire trop élevé. Je ne voudrais pas faire chuter notre moyenne. C'est une décision que j'ai prise la mort dans l'âme et c'est un gros sacrifice que je fais là. Mais je le fais la mains sur le coeur pour NOUS. Je continuerai bien évidemment le combat... de l'extérieur. Roubaisien un jour, roubaisien toujours !

 

En cette occasion, je voudrai aussi formuler un voeux, un souhait des plus officiels. Je m'adresse là aux dirigeant de la communauté urbaine : S'il vous plait mesdames et messieurs les « décideurs », rendez sa liberté au quartier de Barbieux. Ce quartier est bien trop riche pour être roubaisien. En plus, je vous rappelle qu'il a bein failli nous coûter le titre. Il est un handicap pour nous, il nuit fortement à notre compétitivité. Et puis comme ça, je pourrais peut-être aller y habiter.

 

Mais je ne partirai sans dire un mot à tous ceux qui pourraient d'une manière ou d'une autre, nous faire perdre. Je leur dis avec toute mon amitié et toute ma sincérité : Vous avez cette chance d'être dans une équipe gagnante. Ne ruinez pas nos efforts. Non messieurs ! nous ne serons jamais la ville la plus riche de France; tout simplement parce que nous ne sommes pas dans les hauts de seine !!! Vous voudriez quoi ? Qu'on retourne dans le ventre mou, dans le peloton des suiveurs, dans l'anonymat ??? comme Tourcoing ???

 

Aujourd'hui, je vous tend la main pour qu'ensemble nous fassions honneur à notre titre, honneur à notre rang et qu'on puisse rester le plus longtemps possible sur notre Everest. Tout près des étoiles, là, sur le toit de la plus haute tour HLM de Roubaix, à contempler ces maisons de courées, ces usines abandonnées, signes d'un temps ancien;  à voir le soleil se coucher sur cet océan de pauvreté.

 

Et qui sait. Peut-être qu'un jour nous pourrions viser encore plus haut. Peut-être pourrions demain rivaliser avec les villes les plus pauvres d'Europe : Roumanie, Moldavie, Lettonie... Nous pouvons les rejoindre. Ne nous interdisons pas de rêver mes amis. Oui, c'est vrai, la route qui mène à la pauvreté ultime, sera longue et semée d'embûches, mais un jour oui, je le sais, je le vois, nous serons plus pauvres que le plus pauvre des villages d'Afrique ; plus pauvres que la plus pauvre de favellas... Yes We Can !!!

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 09:49

 

"J’suis qu’une pauv’ petite terrienne,

De passage comme tout le monde

Une petite pousse, une mauvaise graine

qui veut pas entrer dans la ronde

 

J'colle pas a l'air du temps,

pour leur beaux yeux j'vais pas m'forcer

A faire comme si, à faire semblant

Sauter de joie, sourire et danser

 

Comme une vieille plante j me traine

J’ai dû oublié d’être heureuse

Des fois J’m’jetterais bien dans la seine

Mais à vrai dire, j’suis trop peureuse

 

j’ai peur de l’eau, c’est ridicule

Alors, pour noyer ma peine

J’retiens mes larmes et c’est l’alcool

Qui coule à flot dans mes veines

 

Toi t'es qu'un air et l'air de rien

tu m'as sortie d'mon sommeil

t'es venue chez moi un beau matin

t'as fait toc toc dans mon oreille

 

J' m'étais paumé dans ma chambre

J'n'avais d'Yeux que pour ma bouteille

D'ordinaire, j'veux rien entendre

Mais là, j'cois qu' c'était pas pareil

 

Y a du s passer quelque chose

Quand j'ai entendu tes quatre notes

D'un coup, J'ai appuyé sur pause

et j'tai ouvert grand ma porte

 

Après, j'me souviens plus très bien

ça tourbillonne dans ma tête

Un courant d'air et l'air de rien

T'as dû r'partir sur ta planète

 

 

-------------------------------------------------------

 

 

Depuis ce jour-là, chaque nuit

qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il fasse bo

j'ouvre grand ma fnêtre, et j'me dis

qu'y r'viendra ptete mon air vieillot

 

Mille et une bouteilles vides

j'compte plus les verres et les étoiles

J't'appelle à l'aide, les yeux humides

J'ai posé mon orgueil sur la table

 

Dis moi pourquoi tu descends pas

Pourquoi tu viens pas me chercher

Là J’suis à sec, seule sous mon toit

Et pis J’ai bzoin d’quelk chose à qui parler

 

J’veux qu’tu m’emmènes juste un instant

Nan J’te demande pas l’éternité

quelques minutes volées au temps

Le temps d’me sentir exister

 

j’veux qu’tu m’parles, J’veux qu’tu m’dises

Même des choses qui ont aucun sens

Et tant pis si c’est moi qui cause

Je veux bien qu’tu m’offres que des silences

 

J’veux qu’tu m’prennes, que tu m’enlève

J’veux que tu m’arraches de ma terre

Et si tu sais lire sur mes lèvres

Tu m’entendras ptete dire je taime

 

J’ l'ai jamais dis à personne,

Sauf peut-être un jour à un chien

J’aime pas la vie, j’aime pas les hommes

Tous des vaux rien, tous des terriens

 

J’veux qu’tu m’emmènes sur ta planète

j'ai besoin d'changer d'atmosphère

J’veux qu’tu m’emmènes sur ta planète

Ici, j'commence à manquer d'air "

 

 

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 20:16

 

Les gendarmes m'ont arrêté ce matin sans que je sache bien pourquoi. Ils disaient qu'ils avaient des questions à me poser. Des questions à propos de mon "identité". Alors, me voilà derrière les barreaux d'une cellule, à attendre qu'ils viennent me chercher. J'imagine bien leurs questions, et je sais déjà quelles seront mes réponses. 

 

Si ils me parlent de ma couleur,

je leur dirai d'abord que je suis daltonien.

 

 

Mais je sais bien que cette réponse ne leur conviendra pas.

Ils ne trouveront pas la case correspondante dans leur formulaire pré-rempli. 

Ils ne pourront pas "cocher".

Ils me prieront donc de "reformuler".

Alors, reprenant les mots du poète exilé, je leur dirai : « il y a deux vérités, et la neige est noire ».

 

" Je suis noir, de par mon premier ancêtre,

noir comme cette mine de charbon,

noir comme ce champs de coton.

Noir comme cette colombe là-bas qui prend son envol."

 

"Ah non !!! la colombe est blanche."

 

"Et alors ? le blanc, tout comme le rouge, le jaune, ou le gris, peut être noir aussi.

Il n'y a pas de couleur pour être noir.

Oui, je suis noir,

comme l'encre qui coule dans mes veines,

celle par laquelle je ré-écris chaque jour mon histoire."

 

 

Si ils me parlent de race,

je leur dirai que je fais partie de la race humaine. 

 

Si ils m'interrogent sur mon passé,

je leur parlerai de mes ancêtres :

Indiens d'Amérique parqués dans une réserve,

Juifs, Roms, Handicapés, dans un camps de concentration Nazi,

Africains, sud-américains, indiens, indonsiens... colonisés, étrangers dans leurs propres pays. 

 

La liste de mes aïeux sera longue et je voudrai tous les citer un par un, mais cela ne les intéressera guère.

 

« Soit ! Mais qui es tu aujourd'hui ? »

 

"Aujourd'hui, je suis palestinien, et je vis derrière ce mur, dans un camps de réfugié. 

Je suis prisonnier de votre monde libre.

Contrairement à vous, la liberté ne m'a pas été offerte à la naissance.

Je fais partie de ces gens qui ont le droit... de garder le silence."

 

« Tu te plais donc à être un éternel opprimé, éternelle victime !? »

"Je me plais à être un perpétuel résistant !

je ne connais ni la fatalité, ni la résignation."

 

Peut-être iront-ils jusqu'à m'interroger sur mon futur,

Alors, je leur parlerai de mon passé :  

Comme mes ancêtres ont pu se battre pour que je naisse et que je vive ;

je me bats à mon tour pour que demain un autre dise :

« je suis le descendant de tous ceux-là ; et de cet homme aussi ».

 

Je leur parlerai donc de mes enfants, ceux qui peuplent ma maison, ceux qui peuplent les ghettos de ce monde.

 

Si ils me demandent quelle est ma richesse ?

Je leur dirai L'amour.

 

Mon bien le plus sacré ?

Mon rêve que demain puisse être un autre jour.

 

Enfin, si ils me demandent comment je m'appelle,

je leur dirai que mon nom est « personne » :

 

Un grain de sable, une goutte d'eau, petite fourmi,

décidé à lutter âprement tout ma vie...

Comme d'autres millions de "personne"

 

 

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 16:48

 

Il était une fois une course. Une grande course. Une course planétaire. Tout être humain y était « convié ». Cependant, il n'y avait aucune obligation. Nous avions le choix d'y participer ou non. Celui qui le souhaitait, pouvait rester au bord du chemin, à regarder les autres partir. Cette course était « individuelle » certes, mais il pouvait très bien y avoir des arrangements entre amis concurrents, tant qu'on ne sortait pas du cadre légal règlementaire.

 

Cette course, se déroulait une grande autoroute, belle propre, bien balisée. Et, de chaque côté de la route, un grand mur pour protéger les concurrents de toute éventuelle attaque extérieure malveillante. Si, toutefois, cela ne suffisait pas, des contrôleurs de course étaient postés tous les cents mètres, pour s'assurer qu'il n'arriverait rien à personne.

 

Sur la ligne de départ, il y avait des concurrents en voiture, d'autres à vélos, mais les plus nombreux étaient encore les piétons. D'ailleurs, les piétons étaient tellement nombreux que, d'un point de vue pratique, ils ne pouvaient pas partir en même temps que tout le monde. Il était donc normal qu'ils partent en dernier, pour ne pas gêner les autres concurrents.

 

Le règles du jeu étaient très simples : Il fallait juste courir vite. Plus vite que les autres. Toute réflexion était une perte de temps évident. Il fallait coûte que coûte, rester accroché au peloton de tête jusqu'au moment du sprint final. Et là, évidemment, il fallait remporter ce sprint pour être le "Winner".

 

Ce n'était vraiment pas sorcier, il n'y avait même pas à tourner à droite ou à gauche, il fallait courir tout droit. D'ailleurs, cette course a longtemps prospéré sans que personne n'y trouve rien à redire. Tout le monde courrait. Certains gagnaient, d'autres perdaient, c'est la vie, c'est normal, c'est « comme ça », c'est d'une simplicité absolue. Et pourtant, l'être humain est parfois d'une stupidité édifiante.

 

En effet, un beau jour, ou plutôt devrais-je dire, un sombre jour, une poignée de concurrents se sont subitement arrêtés de courir. Ils ont enfreint une des règles de base de la course : ils se sont mis à « gamberger ».

 

Ils sont allés un contrôleur de la course et ont commencé à lui poser des questions affreuses et inconvenantes : « Mais pourquoi courrons-nous ? » ; « Et, où va-t-on comme ça ? » ; « Où mène cette route ? »; « Et qu'y a-t-il derrière ces murs ??? ».

 

Le contrôleur a tout de suite appelé son supérieur pour l'alerter sur le fait que des concurrents s'étaient volontairement mis « hors course », et qu'en plus, ils avaient des questions, des requêtes, des problèmes... Quelques secondes après, la police de la course est intervenue. Manu militari les gendarmes ont embarqué ces empêcheurs de courir en rond. Mais, le mal était fait...


D'autres concurrents, passant par là, ont assisté à la scène. Et, en quelques heures à peine, un grand nombre de piétons avaient entendu parler de cette histoire.

 

Vous connaissez les êtres humains, toujours à déformer la réalité, à travestir les faits pour se rendre intéressants. Certains ont dit que les concurrents avaient été embarqués parce qu'ils posaient trop de questions. Billevesées !!! Comme si on n'avait pas le droit de poser des questions. Mais bien sûr qu'on a le droit !

 

La vérité, c'est que ces concurrents étaient des mauvais perdants, voilà tout. Ils ne supportaient pas l'idée qu'ils étaient naturellement plus faibles et qu'ils étaient donc condamnées à perdre. De ce fait, ils pouvaient nuire au bon déroulement de la compétition. Voilà pourquoi ils ont été embarqué. Il n'y avait pas de quoi en faire un fromage.

 

 

Mais voilà, la passion et le mensonge se sont vite emparés de l'affaire. Ainsi la rumeur a couru qu' « il y avait quelque chose de pas net dans notre course », que « les dés étaient pipés », et autres sottises dans le même genre : Diffamation, ingratitude, etc.

 

La suite était prévisible : les abandons volontaires se sont multipliés tout comme les questions., d'ailleurs. Jusqu'au jour où certains bandits se sont mis en tête d'escalader ces murs autour de nous. Pauvres fous ! Que pensaient-ils trouver de l'autre côté ? On les avait pourtant prévenu. Il ne fallait pas aller de l'autre côté ! Il n'y avait rien d'intéressant. Il n'y avait rien de réel. La réalité, c'était cette course et rien d'autre. Tout le reste n'était que fantasme, supputation et vue de l'esprit.

 

On les aurait bien laissé y aller de l'autre côté, qu'ils puissent s'apercevoir par eux-même de leur bêtise. Mais si on les laissait faire, ils nous auraient fait perdre beaucoup trop de temps, et nous aurions tous perdu la course. Parce que le temps, est sacré, une fois perdu, on ne peut plus le rattraper. Vous le savez bien, il ne faut pas gaspiller le temps, surtout pas pour satisfaire ses petits caprices personnels. Ce qui compte, c'est la course. Encore la course. Toujours la course. Au nom du bien commun nous avons donc dû prendre des dispositions. Assez sévères, je l'avoue.

 

Tout personne tentant d'escalader un des murs, se verrait sommer une première fois de descendre, et en cas de non coopération, la Police avait pour ordre de descendre cette personne... par tous les moyens utiles et nécessaires.

 

C'était une décision dure à prendre pour les démocrates que nous sommes. Mais, je tiens à dire, que j'ai tenu personnellement à ce qu'on maintienne la première sommation verbale. Je n'ai pas lâché sur ce point fondamental.

 

Tout aurait pu s'arrêter là, les rebelles auraient pu retrouver un brin de raison. Mais non ! Ils se sont entêtés., obsitnés. quelques uns ont pu passer entre les mailles de nos filets, ils ont pu passer de l'autre côté. Certains en sont même revenus en racontant des âneries du genre « il y a, là-bas, une forêt sauvage inhabitée, où nous pourrions retrouver notre liberté, loin de cette course »... blablablabla...Pfft !!!

 

Comme l'homme peut être parfois niais et naïf ! Voilà, que par dizaines, par centaines, les concurrents, crédules, ont commencé à « s'évader », pour rejoindre l'autre côté. C'était l'anarchie la plus complète.

 

Oui, nous aurions pu les laisser partir, c'est vrai. Mais je suis désolé, il y a des principes sur lesquels il ne faut pas transiger. Ils s'étaient engagés à terminer la course, ils devaient le faire. Quand on prend des engagements, il faut les tenir. C'est ça qui fait la différence entre un être humain, et un animal. Par respect pour tous les autres concurrents, ils devaient tous rejoindre la course. C'était normal. Il en allait de notre crédibilité. Nous devions ré-affirmer notre autorité.

 

Et puis, ils étaient allés trop loin. Non contents de déserter, ils faisaient de la propagande auprès des autres concurrents. Ils nous insultaient, bafouaient notre honneur, remettaient en cause notre intégrité. Savez-vous de quoi ces fumiers nous ont accusé ? Savez-vous jusqu'où ils sont allés pour diffuser leur « propagande » ?? Ils disaient à tout le monde qu'on ne les laissait pas partir parce qu'on avait besoin de leur sueur; Que leur sueur était notre carburant, notre nourriture; Que notre vie, notre confort, dépendait entièrement de leur sueur; Que c'était pour ça qu'on ne les laissait pas partir.

 

Là, c'en était trop. Définitivement. Nous avons donc réuni toutes nos forces armées pour aller récupérer les déserteurs et faire payer aux meneurs le prix fort. Je n'ai jamais été un partisan de la force, mais là pour être honnête, il n'y avait aucune autre option possible.

 

Nous y sommes allés, mais ces chiens ne se sont pas laissés faire. Ils s'étaient sans doute préparés à notre venue.  Nous avons été défaits ce jour-là : triste jour pour l'humanité. Nous avons perdu chacune des batailles qui ont suivi. Fatalement, Nous avons fini par perdre la guerre, faute de soldat disponibles. Nous avions de très bons généraux, d'excellents colonels, mais nous n'avions plus de soldats. Tous des traîtres ayant rejoint « l'autre camps ».

 

Pour ce qui me concerne, j'ai été fait prisonnier avant-hier. Je ne sais pas ce qui m'attend, alors, derrière les murs de ma cellule, j'écris LA vraie histoire. Je sais très bien que dès que je ne serai plus là, demain peut-être, ils se mettront à travestir les faits, et à ré-écrire les faits à leur convenance. Mais tout ce qu'ils diront est faux. Et je sais qu'un jour, le peuple ouvrira les yeux, et se rendra compte qu'il a été dupé. Alors, il regrettera cette époque bénie de « la grande course ».

 

 

 

 

 

 

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