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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 10:18

"Bonjour, après avoir lu l'histoire qui suit, vous comprendrez pourquoi je préfère garder l'anonymat. Sachez juste que je suis de confession musulmane et que j'habite à Roubaix. Roubaix, j'y suis né, j'y ai grandi, j'y ai vu des trucs qui n'existent nulle part ailleurs. L'histoire qui suit est une d'entre elles.

 

Remontons quelques mois en arrière. De retour de vacances, j'entends mes petits frères me dire « bon, on va au quick se manger un bon Giant ». Et mon cousin répond comme en echo «  ouais, et moi, j'vais m'faire un quick n'toast, avec une bonne tranche de jambon ». Mon cousin mange du jambon ? Là, c'en était trop. En bon intégriste que je suis, je me suis mis à hurler : Ahhh !!! du jambon !!! Horreur, malheur ! Bande de mécréants, vous allez tous mourir en enfer !!!! Et sur ce, je me suis enfui en courant pour ne pas me faire contaminer par cette subite quickmania.

 

Quelques jours plus tard, je passe en centre-ville devant le fameux quick et là !!! Des files d'attentes jusque dans la rue. Des centaines, que dis-je des milliers de roubaisiens semblent s'être donnés rendez-vous ici au Quick !!! Moi je préfère acheter mes sandwich O.G.M chez flash burger, juste en face. Là-bas au moins c'est Hallal.

 

Mais tiens, c'est bizarre, autant le quick est plein ; autant aujourd'hui le Flash burger est vide. Je passe ma commande et, inquiet, je dis au vendeur :

«

 

- bah, alors les clients ont fui...

- ben nan, ils sont tous au quick. Depuis que le quick est hallal, y a plus personne !!! .

- Ah ouais, le quick est hallal maintenant ?

- Ben ouais ça fait une semaine, tu débarques ou quoi ???

- Bon ben... Euh... merde, j'ai oublié ma carte bleue dans la voiture. »

 

Et hop, pas une, pas deux, je suis parti rejoindre les 10000 roubaisiens dans la file d'attente. Dans la file, je revois des amis que je n'avais pas vu depuis plus de 15 ans : « Comment tu vas ? Ça fait longtemps !!! ». « Et toi ??? ». « Qu'est-ce que tu deviens ». etc...

 

Et puis vient le moment de la question fatale « ben alors, toi aussi, t'es venu essayer... ». « Euh... nan... c'est pour un ami. Euh, pour mon frère en fait. Pour l'ami de mon frère. Bref... et toi alors, dis moi qu'est-ce que tu deviens ? ».

 

Une demi-heure plus tard, me voilà devant la vendeuse. « je voudrai, euh...un giant, un quick n'toast, et aussi celui-là dessiné là-bas ; celui-là aussi... le truc au poivre, je prends ; vous avez rien d'autre ??? ». Faut dire que l'ami de mon frère est très gourmand.

 

J'ai passé un bon mois à aller tous les jours au quick, comme pour rattraper le temps perdu. J'ai pris 15 kilos et je crois aussi avoir perdu 15 ans d'espérance de vie. Et ouais, comme dirait mon pote Toufik, c'est quand même du chimik !!!

 

Mais heureusement, Monsieur le Maire et Marine Lepen sont intervenus pour me sauver la vie. Marine a dénoncé publiquement ce quick Hallal communautaire et Monsieur le maire a attaqué la direction du quick en justice... pour discrimination.

 

 

Alors, en bon citoyen que je suis; j'ai décidé d'appliquer le principe de précaution. Dans le doute, je me suis abstenu. J'ai parlé à un ami avocat pour savoir si je ne pouvais pas aller en prison pour « abus de Quick Hallal communautaire et discriminant ». Il m'a dit que non, « en principe » :

 

« Mais vaut mieux quand même que tu te tiennes à carreau pour le moment... de toute façon, tant que tu n'as pas été condamné, la présomption d'innocence joue en ta faveur... Sinon, en plaidant coupable, tu pourrais t'en sortir avec juste des travaux d'intérêt général et du sursis ». en partant, il s'est retourné une dernière fois vers moi, façon colombo : « sinon, si tu veux être blanchi totalement, faut que tu balances ».

 

Le problème c'est que je n'ai pas une très bonne mémoire des visages. Y avait bien mon pote que j'avais pas vu depuis 15 ans; mes frères et mon cousin. Mais seulement 4 personnes balancée, je suis pas sûr que ça m'aurait beaucoup aidé. Finalement, j'ai décidé de faire profil bas. Je suis resté chez moi, enfermé plusieurs jours.

 

Et après avoir épuisé tous mes vivres... J'ai décidé d'aller faire des courses à Auchan. Mais comme il fallait que je passe incognito, inaperçu. J'ai enfilé la Burqa d'une de mes quatre femmes et je suis parti à travers la ville.

 

Me voilà sur la route de Auchan, rasant les murs, sursautant à chaque sirène de police pensant avoir été « démasqué ». Je sais qu'ils en sont capables, parce que les policiers de Roubaix, ils sont trop forts. Je me souviens qu'une fois, ils m'avaient arrêté pour un braquage que j'avais pas fait : ils m'avaient gardé 24 heures en garde à vue. Et même à un moment, ils m'avaient mis un doute, c'est vrai qu'ils étaient assez persuasifs. Finalement ils avaient dû voir qu'ils s'étaient trompés. Je me souviens de leur manière de dire « pardon, on s'est trompé, toutes nos excuses »; ils m'avaient eu cette formule sympathique « c'est bon pour cette fois, tu peux y aller ».

 

Enfin bref, ça y est, je suis enfin arrivé à Auchan, j' évite soigneusement quand même les rayons « Hallal » pour ne pas éveiller les soupçons. Mais pas d'chance, au rayon yaghourt, y a un cachir ( saucisson hallal ) posé là. La tentation est trop forte, je prends le cachir dans mes mains. Mais comme j'ai pas envie de « tomber » pour un pauvre petit bout de saucisson, je le cache sous ma Burqa. Et voilà que débarque un Vigile un peu trop Zélé. « Madame, veuillez me suivre s'il vous plait»... La suite, un vrai cauchemar :

 

Je l'ai suivi dans son local, et comme le vigile était un peu basané; je me suis dit qu'il me comprendrait. J'ai enlevé ma Burqa, et je lui ai tout expliqué. Faux-frère, traître, il a appelé la police. Embarquement immédiat. Gardav' !!! C'est de ma faute, j'aurais pas dû parler.

 

Au poste, le brigadier en chef m'a fait le topo : « Quick Hallal, Burqa, Détournement de cachir.. en plus vous n'avez pas vos papiers sur vous. Votre cas est grave Monsieur. Dîtes moi, question en passant : que faisiez-vous le 11 septembre 2001 sur les coup de 11H ? ». Cette fois, j'étais bien décidé à ne pas parler. Motus et bouche cousue. Je ne voulais pas aggraver mon cas.

 

Après, je n'ai pas tout compris. Ils m'ont transféré dans un autre commissariat avec des policiers encore plus persuasifs que dans mon quartier. Ils ont même voulu me faire avouer que j'étais afghan. Y avait plein d'autres types comme moi, à qui ils essayaient de faire avouer qu'ils étaient togolais, péruviens, roumains, marocains...

 

Après quelques jours dans ce second commissariat, ils m'ont embarqué pour un autre... Et dans cet autre commissariat, rebelotte : interrogatoire, etc... pendant plusieurs jours.

 

ils ont aussi voulu me faire signer deux trois paperasses ( j'ai fait une croix pour qu'ils reconnaissent pas ma vraie signature. Pas bête la bête ). Puis; finalement quand ils ont vu qu'ils n'obtiendraient rien de moi, ils m'ont dit que je pouvais enfin "rentrer chez moi". Ouf !!! je m'en suis finalement pas trop mal sorti. Comme quoi des fois, vaut mieux la boucler.

 

Ça fait du bien de retrouver l'air libre. Mais c'est vrai qu'en quelques jours à peine, Roubaix a déjà bien bien changé. C'est étrange, je ne reconnais plus ma ville : Les Burqas se sont multipliées, les gens ne parlent plus un seul mot de français. Tous sont barbus et se baladent en Jellabah, le Maire et Marine Lepen avaient peut-être raison...   Vous voyez, si j'étais un tant soit peu parano je pourrais presque croire que les policiers m'ont drogué et envoyé en afghanistan ! Mais je fais trop confiance en la justice de mon pays.

 

Par contre, le Maire a certainement dû gagner son procès parce que le Quick n'est plus là. Mon appartement non plus d'ailleurs... Tout est désormais écrit en arabe, et d'ailleurs heureusement que je sais un peu lire l'arabe, comme ça au moins je peux vous dire que le nouveau nom de Roubaix, c'est « Jallalabad ».

 

 

 

 

 

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 11:31

On vit une époque formidable !!! les dérapages verbaux ministériels s'enchainent et se répètent. Pour paraphraser un des plus célèbres, je dirai : « quand y en a un ça va... ». Mais là, force est de constater que le racisme se banalise à coup de petites phrases et de formules assassines.

 

J'ai bien écouté Madame Morano, aussi, en bon musulman français que je suis, pour prouver ma bonne foi (sic), j'ai décidé de remettre ma casquette à l'endroit et de ne plus parler en verlan. Promis, craché, juré, wallah laraddim !!!

 

Madame Amara, nous ressort quand à elle le sacro-saint « Karcher », histoire de bien rappeler à tous que le père spirituel de tous ces dérapages aussi dangereux que stupides n'est autre que le Président de la République himself.

 

Suite aux propos de Hortefeux sur les « auvergnats », le président a dit : « qu'il avait fait là preuve d'un peu trop de décontraction ». Comprenez : « messieurs les racistes. euh, pardon... messieurs les ministres, vous avez tout à fait le droit d'être con et racistes, mais s'il vos plait, ne le dîtes pas trop fort. »

 

Donc le racisme se banalise, et pendant ce temps-là la chasse aux sans papiers ne semble pas avoir déjà été aussi acharnée et inhumaine. Il n'y a pas un jour sans que je ne reçoive un mail, un appel, ou que je vois dans les médias des cas d'arrestations, de jugement, et de reconduite à la frontière de « sans-papier »... suivant les cas, il s'agit d'un père de famille étrangement disparu et recherché depuis plusieurs jours par sa femme et ses enfants ; d'autres fois il s'agit du père et de la mère coupés de leurs enfants nés en France ; et puis, quand les autorités entendent qu'il est indigne de « séparer ainsi des familles », ils expulsent les familles entières sans s'embarasser... Pourquoi s'embarrasser, « ce ne sont pas des humains, ce sont des sans papiers » !!! Et quid de ceux qui se mobilisent pour les sans-papiers notamment au sein du réseau RESF ? Ils sont pour certains arrêtés à leurs domiciles, mis en garde à vue... Délit de solidarité ? Et oui, ça s'passe tous les jours en France, en bas d'chez nous.

 

En bas d'chez nous, comme ces gens qui dorment sous des cartons et des journaux. D'ailleurs sur un de ces journaux, on pourra lire cet article : « un SDF se voit réclamer par les centre des impôts 670 euros au titre de la taxe d'habitation !!! » ça fait cher le mètre carré de carton, mais finalement... Bah oui, le SDF habite en France, il doit payer ses impôts comme tout le monde ! Passe de passe-droits, pas de privilèges pour les SDF, déjà qu'ils déclarent pas leurs revenus; qu'ils payent pas l'électricité et le chauffage comme tout le monde !!! non mais...

 

On pourrait aussi parler de cette jeune ado nommée Zeyneb, virée de son école pour avoir arboré un tee-shirt « Palestine libre ». Horreur, malheur, maheureuse !!! cachez moi ce tee-shirt que je ne saurai voir. Cachez moi ce mot « libre ». La question, bête et stupide que je me pose est : « aurait-elle été renvoyée si elle avait arboré un tee-shirt « Palestine en prison » ?

 

Pauvre jeune fille, tout ça pour une erreur de grammaire. Elle avait sans doute séchée le cours de français où on apprenait que Palestine ne s'accordait pas avec libre. Mais si, je vous le jure, c'est dans le petit larousse !!! On lit « Palestine occupée ». A la base, les auteurs voulaient écrire « Palestine disparue », certains étaient même pour un « Palestine anéantie » ; mais le comité de rédaction du Petit Larousse a préféré attendre les éditions de 2011 ou de 2012 pour ces formulations. « N'allons pas trop vite en besogne, tout de même !!! »

 

 

D'autres formules sont « tolérées » par abus de langage. Par exemple ne dit-on pas souvent sur TF1 « Palestine terroriste » ???

 

Enfin voilà, les motifs d'indignations ne manquent face à tant de mépris, tant d'arbitraire, tant d'injustice. Il semble bien que le malaise est profond.

 

Mais tous ces évènements auxquels nous assistons nous donnent des devoirs. Le premier étant celui de dépasser l'indignation. Il y a, partout en France des gens qui se mobilisent : associations, individus, militants, syndicalistes, artistes, sportifs, journalistes... Des succès existent à travers certains cas, trop rarement, car en face, il y a la machine de l'Etat, disons le, sans scrupules et sans pitié. Une machine au service d'une politique du chiffre et de la statistique ; d'une politique de répression; d'une politique qui vise à limiter voire supprimer certains de nos droit et de nos libertés fondamentales. Une machine qui semble avoir engagé un mouvement de fond pour imposer sa vision des rapports humains basés sur l'individu, le profit, et la « domination ».

 

Face à ce mouvement de fond, nous devons opposer un autre « mouvement de fond. La tâche est grande, et nos ressources ne sont pas sans limites. Il nous arrive tous parfois d'être fatigués, parfois même découragés ; raison de plus pour opérer la « convergence des luttes et des actions ». Chacun, seuls dans nos coins nous sommes indéniablement voués à l'échec.

 

Et qu'aucun ne persiste à penser : les autres doivent nous rejoindre !!! Cette époque est définitivement révolue. Nous devons tous converger vers ce qui nous rassemble.

 

¨Parce qu' au fond : Ouvriers, enfants de l'immigration, Sans Papiers, Sans domiciles fixes, soutien à la Palestine... Tous ces combats reposent sur des concepts humains aussi basiques que fondamentaux : justice, équité, droits de l'homme, droit des peuples, devoir des Etats et des gouvernants.

 

Les mouvements auxquels certains appartiennent, les associations, partis, et autres syndicats, ne sont pas comme autant de marques. Ce sont des outils au service d'un idéal bien plus grand. Car au final ce qui compte avant tout, ce n'est pas l'outil utilisé, mais bien l'œuvre construite. Alors rassemblons nos forces et nos outils, et bâtissons sans plus attendre notre nouvelle maison.

 

Parce qu'au fond, avant de nous battre contre un système, contre un gouvernement, contre une politique, voire pour certains contre un état ; Nous nous battons pour imposer nos idées, nos valeurs, une même vision de l'humanité.

 

Oui, le droit à la « résistance » est inscrit dans la déclaration des droits de l'homme. Et pour tous ceux qui se sont battus pour l'avoir, ce droit est un devoir. Devoir de résistance donc, et nous redisons encore et toujours « devoir de convergence ». Convergence des luttes, des mouvements, des initiatives et des actions. Sinon, on risque de rester longtemps à commenter l'actualité nauséabonde, à s'en indigner, à tenter de colmater des brèches, à sauver « ce qui peut l'être »...

 

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 19:12

Il y a des périodes comme ça dans la vie, où tout ce qui nous arrive "par hasard", semble justement ne pas être le fruit du hasard. Par exemple, en ce moment, j'ai comme l'impression d'être dans un cycle "rencontres insolites" avec en toile de fond "l'Histoire de la résistance".

En effet, quelques jours après la rencontre avec Mon camarade Pierre, militant historique,  atteint de cessité ; j'ai eu l'honneur de rencontrer Harry Belafonte. ( pour ceux qui ne voient pas encore qui est Harry Belafonte, je vous prie de lire la suite de l'article avant de foncer sur Wikipedia ;-)

ça a commencé par un Email qui m'a été transmis et qui disait ceci :"Harry Belafonte, qu'on ne présente pas, réalise un documentaire sur 'les démocraties' dans le monde. Le documentaire s'appelle : "ANOTHER NIGHT IN THE FREE WORLD". Il veut “porter un regard sur les Démocraties et leurs échecs quant aux promesses faites à toutes les communautés qu’elles représentent, montrer comment les artistes racontent ce dilemme.” Il souhaite demander aux rappers les plus intéressants d'une dizaine de pays "démocratiques" de composer un titre où ils racontent ce que c'est pour eux, que de vivre dans ce pays. En Europe, il a choisi l'Allemagne, l'Angleterre et la France."

Je dois avouer mon inculture, mais chut, surtout, ne le répétez à personne. Harry Belafonte, ça me disait quelque chose, mais quoi ??? J'ai bien aimé dans l'Email, le "Harry Belafonte, qu'on ne présente pas...". Quelques heures après la réception de l'Email, j'en parle à un pote, et il me dit " Harry Belafonte, le vrai ???". J'ai répondu "OUais ouais, le vrai !, mais je n'osais pas lui dire que je ne savais pas encore qui étais le VRAI Harry Belafonte. Honte à moi".

Je suis donc allé voir sur Internet. Harry Belafonte. Et là, je reconnais le "chanteur". "Mais oui, je connais cette chanson. J'la kiffe en plus." "Mais c'est vieux ça". "Mais ouais je connais ça aussi". "Il a fait çà aussi !!! non ?"... Le méloman que je  suis avait bien raison d'avoir honte.

POur ceux qui seraient incultes comme moi. Vlà une de ses célèbres chansons parmi tant d'autres : Banana Boat song ( day-o)




Donc j'étais déjà très heureux de rencontrer l'artiste. et puis le sujet de son documentaire me semblait vraiment passionnant. Je n'ai pas cherché plus loin. D'habitude, j'aime bien fouiller sur Internet, chercher à savoir qui a fait quoi. Mais cette fois, peut-être pris par le temps, je n'ai pas "creusé".

Voilà donc que je rencontre Harry Belafonte dans un Hôtel parisien. Je devais être le 6ème ou le dixième "rappeur" qu'il rencontrait ce jour-là. Et donc il me fait la présentation de son projet. Et je lui dit que j'aime cette idée "d'internationale du hip-hop".

Il me parle de "power of hip-hop". Je lui dis que je préfère parler du pouvoir de la musique, que je ne me considère pas seulement comme un rappeur.  Je lui parle de mon idole musicale "Bob Marley".

Il me parle du siècle dernier de ces combats "internationaux et internationalistes". Toutes ces grandes figures de la lutte : ROsa Parks, Martin Luther King, Nelson Mandela, Malcolm X... j'y ajoute Bob Marley, une obsession, je sais.

Il me dit, "mais pourquoi, les grands mouvements de révoltes du sièle dernier semblent ne plus exister ? " je lui réponds "c'est comme ça depuis que Bob Marley est mort". Il éclate de rire !!!

C'était une blague, pourtant, au fond, j'étais sérieux, il y a toujours des grandes figures  pour incarner des grands combats. Mais aujourd'hui, ces grandes figures, il faut bien avouer, on les cherche plus qu'on ne les trouve. Il y en a bien quelques uns pour clamer qu'ils sont une "grande figure"; mais si il suffisait de le dire...

Il me parle de liberté, et me demande ce que ça me fait de vivre dans un pays dit "libre". Je lui réponds que la liberté n'est jamais acquise, que c'est un combat de chaque jour. C'est un bien précieux qu'on chercher à nous voler chaque jour. En France, plusieurs de nos libertés et de nos droits  sont menacés quotidiennement : liberté d'expression, liberté de la presse et des médias, droit au logement, droit d'asile, droit de choisir ce qu'on nous met dans nos assiettes... Je lui parle de l'état de nos prisons; de la façon dont on traite les sans papiers, les SDF... Je lui parle aussi un peu de l'Abbé Pierre, un grand Monsieur, lui aussi disparu...

Et puis, je lui sors cette phrase magnifique de Nelson Mandela, quelques années après avoir gagné sa grande bataille face à l'appartheid : "notre peuple ne sera jamais totalement libre, tant que le peuple palestinien ne sera pas libre."

L'internationalisme, la convergence des luttes, la solidarité entre les peuple, ma liberté est celle de l'autre... la discussion est plus que passionnante.

Et puis, il se met à me raconter son histoire. Il me parle de sa rencontre avec Martin Luther King, dont il a été un compagnon de route et un intime. Il me parle de Nelson Mandela, son "ami"... des batailles qu'il a mené avec les uns et les autres...

Et là je me dis que je suis vraiment un abruti de première de ne pas avoir chercher à en savoir plus sur lui juste avant de le rencontrer. Oui, Harry Belafonte est bien plus qu'un chanteur, c'est un militant Historique au sens propre du terme. En même temps, c'est marrant de lui avoir sorti , sans le savoir, cette citation prononcée par son ami "Mandela".

Et le pire, c'est que je l'ai saoûlé pendant près d'unen heure avec Bob Marley, et que lui-même est... jamaicain !!!

Pour le documentaire, je sais pas si ça se fera ou pas, ni quand, ni comment, avec ou sans moi... Mais,déjà, simplement, j'ai kiffé cette heure  d'Histoire avec le VRAI Harry Belafonte ;-)

Peace & Respect

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 09:30

On s'est rencontré il y a un mois lors d'une soirée, disons "politique". Ce soir-là j'avais fait une lecture d'un de mes textes : "avenue de la République" ou "identité internationale". C'est le même texte, mais je lui ai donné 2 titres, comme on peut donner deux prénoms à son enfant.

Bref, il est venu me voir alors que je m'apprétais à partir :"
- J'ai beaucoup aimé ton texte.
- merci ( cinq lettres aussi banales que sincères )
- L'as tu sur papier ou peux tu me l'envoyer ? Aussi pourrais tu me laisser ton contact ?'

J'avais le texte imprimé sur une feuille pliée en quatre et quelque peu froissée. Je lui ai donné en même temps que mes coordonnées.

Une semaine, quinze jours après, il me rappelle en me disant qu'il voudrait faire un petit clip autour de ce texte. J'étais assez heureux, parce que c'est un texte qui me tient beaucoup à coeur et que j'iame faire voyager : Dans tel journal, pour telle lecture, en musique, sur la toile... Je crois et j'espère qu'il véhicule un "message" important en ces temps propices au nationalisme exacerbé ; et à l'intégrisme patriotique.

Et voilà qu'on se rencontre aujourd'hui, "mercredi 3 février 2010". L'affaire du clip a été vité réglée. Nous ne nous sommes pas mis d'accord, on l'était déjà. Le rendez-vous est fixé à la semaine prochaine pour un premier tournage. Celà nous a pris, je crois 5 minutes.

Ensuite, nous avons parlé, de tout et de rien. Il m'a parlé de son handicap : Il est aveugle. Nous avons parlé de la "résistance", de la "révolution"; nous avons parlé de ses actions militantes passées... C'était un échange, mais, curieux et intrigué, je posais plutôt les questions. Et il répondait simplement, me livrant même parfois quelques  "précieux" secrets.

J'avais le sentiment d'être face à un livre rare. un livre qui pourrait m'inspirer, me donner des clés, des réponses... Il est aveugle, et ça rajoute forcément à la "mystique" du personnage. Et pourtant, le temps de quelques histoires, c'est bien lui  qui m'a "éclairé", peut-être sans le savoir.

Il m'a aidé à traversé la rue et, on est reparti chacun de notre côté. Lui avec sa canne, et moi qui avait le sentiment d'y voir un peu plus clair...
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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 01:01

Pour ceux qui ne connaitraient pas encore. A découvrir de toute urgence.

L'île aux fleurs, où comment le parcours d'une "vulgaire" tomate peut nous en apprendre beacuoup sur "notre" humanité. Ou peut-être devrais-je dire notre inhumanité ?

L'Île aux fleurs (Ilha das Flores) est un court métrage documentaire réalisé par Jorge Furtado en 1989


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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 19:36

... Et 2010 est arrivée, avec son lot de bonnes résolutions, de grandes résolutions : "Cette année, c'est promis... cette année je le jure...  ça va changer, je vais changer, on va tous changer !!!".

On s'envoie nos voeux, on se souhaite "tout le bonheur du monde", 'amour, gloire, et beauté", on s'échange nos rêves et nos  espoirs, par sms, ça va plus vite :   "on lâche rien", "on casse la baraque", "yes we can", "i believe i can fly", we are the world"...

Et généralement, ça dure bien une quinzaine de jours comme ça. Le temps de reprendre le cours de sa vie, le temps de se retrouver à nouveau la tête le guidon, le temps de "dé saouler". Le temps de se faire rattraper par une réalité bein moins rose.

Cette année, la réalité, c'est cette catastrophe, ce cauchemar, là-bas, en Haiti. La terre a tremblé. Plus de cent mille morts, 200 000 blessés... des chiffres qui donnent le vertige. Evidemment, chacun voudrait pouvoir aider, on se sent d'un coup tout petit, inutile... Alors, on envoie un peu d'argent, c'est le moins que l'on puisse faire.  d'ailleurs nous sommes tous sollicitiés, à juste titre : "il faut donner", "il faut aider", "on ne peut pas laisser les haitiens livrés à eux-même"...

Sur les chaines T.V d'informations, des images d' apocalypse tournent en boucle. On est touchés, forcément. Les dépêches se suivent. on apprend que "L'O.N.U essaie de récolter plus de 500 millions d'euros pour venir en aide aux sinistrés et participer bientôt à la reconstruction du pays". 500 millions d'euros, c'est une grosse somme, mais l'élan de solidarité est tel qu''on se dit que "ça va l'faire".

La terre a tremblé en haiti, mais la terre ne s'est pas arrêtée de tourner pour autant. D'autres dépêches arrivent; évoquent d'autres sujets qui nous semblent d'un coup bien futiles... jusqu'à ce que tombe cette information : "un milliard d'Euros provisionné pour les traders de BNP Paribas en 2009 !".

Voilà encore un chiffre qui, lui aussi, donne le vertige...  On repense à ces 500 millions pour Haïti, cette somme nous apparaît soudain « toute petite ».

 

Aujourd'hui, on a donné quelques euros pour Haïti ; hier, un chèque pour l'Afrique ; un autre jour, un paquet de pâtes pour les restos du cœur, une petite pièce pour un SDF... quand la sphère financière prospère coup de milliards de bénéfices, de bonus, et de plus-value. La même sphère qui était au bord de la faillite, il y a quelques mois à peine. Toutes ces banques qu'on a renfloué à coups de dizaines, de centaines de milliards... en quelques heures à peine.

 

Oui, notre réailité est absurde et insensée. Tout sera toujours fait tout de suite pour "protéger" le système. Mais pour ce qui est des vies humaines, ça devient tout de suite plus compliqué, plus difficile, moins rapide, peut-être moins "vital" au fond...

 

Oui, l'esprit de solidarité des peuples existera toujours, et c'est une très bonne chose. Mais puisqu'on est encore en janvier, je vais me permettre un dernier voeux pour 2010, une dernière résolution. Une bonne résolution, une grande résolution.


Et, si en 2010, on en finissait une bonne fois pour toutes avec "le règne de la bourse et du profit", et si on inventait autre chose, et si on commençait à écrire une toute autre histoire de l'humanité.


http://www.betapolitique.fr/local/cache-gd2/03886ddc25e61e41a9b8e64c7b76307d.jpg
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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 11:32

 

En quête de liberté,
J'ai fui un pays en guerre,
Pour un autre que l' on disait
Etre le berceau des lumières.
 

J’ai dû me tromper d’endroit,
Ou j’ai dû comprendre à l’envers.
L’envers du décor, le voilà :
Je ne suis pas votre frère.
 
Je suis un étranger
En situation « irrégulière »;
Puisque je n'ai pas de papier,
Je serai « reconduit à la frontière ».
 
Je fus arrêté au matin
Avenue de la république;
Sur moi, ils ont mis la main.
Je ne suis qu'une statistique.
 
Scénario classique de l'homme noir,
Serré par des hommes en bleus,
Qui disent ne faire que leur devoir.
Comme tant d'autres bien avant eux.
 
« La loi, c'est la loi! ».
Et la loi est claire :
Sans papiers, je n'ai pas
d'autres droits que de me taire.
 
Pourtant, j'aurai voulu parler,
D'un mot ancien, désuet.
Un  mot qui figure encore dans votre dictionnaire.
Juste avant Humanoïde, juste après humanitaire.
 
Non, nous ne sommes pas des robots,
Encore moins des fourmis.
Nation, patrie, boulot, dodo :
Notre conscience humaine s'est endormie.

 

Peut-être même s'est-elle enfuie,
Mal à l'aise qu'elle était.
Soudain étrangère dans ce pays,
Préférant émigrer.
 
« Ailleurs c'est pire ! », me dit-on,
« La démocratie est une chance ! ».

Raison de plus, je réponds,
Pour ne pas la vider de son sens.

 

Liberté, égalité, fraternité,
Sont des mots bien lourds à porter.
Trois mots d'une si grande noblesse,
Trois mots comme autant de promesses.
 
Monsieur le Président,
Vous qui aimeriez tant que l'on vous nomme grand,
Ces mots vous dépassent, j’en ai bien peur.
Vous n’en avez pas  la hauteur.
 
Censure, privilèges, individualisme,
Ceux-là par contre vous vont comme un gant.
Vous devriez les prendre pour devise,
Enfin, je veux dire « officiellement ».
 
Car je sais bien que  l'officiel ment :
Un peu, beaucoup, à la folie...
Il mange sur le dos des pauvres gens.
Naïf, qui croit encore en lui !
 
Mon identité, monsieur, est internationale.
Non, je ne suis pas « français ».
Comprenez vous ce dont je parle ?
Je vous parle d'humanité !
 

 

HK – décembre 2009

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